Huaraz et les merveilles de la Cordillère Blanche

Le 3 janvier 2018

Les petites infos en +:


Bus Lima - Huaraz: 85S / personne avec Movil Tours
Taxi depuis la gare de Huaraz: 5S
Bus Huaraz - Trujillo: 60S / personne avec Movil Tours

Pour les excursions, toutes les agences pratiquent les mêmes prix (ou à peu près): 35S / personne pour la plupart. C’est ce qu’on a payé pour Pastorurui - Laguna 69 - Chavin
Nous avons choisi l’agence QuechuAndes, très sérieuse. Organise aussi des randos sur plusieurs jours.

Entrée Site de Pastorurui : 10S / personne
Bus pour le départ de la Laguna Churup : 10S / trajet / personne
Entrée Laguna Churup : 10S / personne
Entrée Laguna 69 : 10S / personne
Entrée temple de Chavin: 10S / personne
Entrée Musée de Chavin : 7S / personne
Bus pour les Baños 1S / personne
Entrée Baños: 4S / personne. Pour y aller, prendre le Colectivo N1, depuis le croisement Luzuriaga - Antonio Raymondi, tout le monde vous dira dans quel colectivo monter.

Après une nuit de bus depuis Lima, nous voici à Huaraz ce lundi 30 octobre. Nous débarquons à la gare au petit matin et nous décidons donc d’attendre un peu avant de débarquer à l’hostel. Mais nous sommes épuisés et nous décidons de prendre un taxi pour y arriver rapidement… nous espérons secrètement avoir notre chambre pour terminer notre nuit. Mais impossible! On n’est pas très étonnés. Nous pouvons quand même piquer un somme sur le canapé très confortable du rez-de-chaussée. Et enfin, vers 10h, nous pouvons avoir notre chambre… dodo direct!

Au réveil, il est l’heure d’aller manger un morceau. Une petite balade dans la ville plus tard nous trouvons notre bonheur dans un petit comedor qui sert de très bons almuerzo. La ville est un peu morte à cette heure de la journée, les agences (pour organiser les prochains jours) sont toutes fermées, les commerces aussi… mais pas le marché! C’est ici que nous passons pas mal de temps à nous balader en attendant que le reste de la ville ne se réveille. Enfin, nous pouvons nous renseigner pour les excursions des prochains jours. Nous savons qu’il existe le trek « Santa Cruz », sur 4 jours. Mais nous n’avons pas notre matériel de camping et nous renonçons assez vite à l’option location qui reste assez chère. La météo est d’autant plus incertaine à cette période de l’année. Nous allons donc nous consacrer sur les sorties à la journée. Pour nous habituer une bonne fois pour toutes à l’altitude, nous décidons d’attaquer doucement le lendemain avec le glacier Pastorurui. Les bus partent vers 9h du matin et la marche pour aller admirer ce géant est assez courte. Banco, nous réservons pour le lendemain avec l’agence QuechuAndes tenue par Marie, une Belge, et son mari péruvien. Nous partons ensuite pour une mission gants et bonnets parce que les températures tombent vite ici et bien sûr, nous avons laissé tout ça dans notre van… à Santiago!

Nous tombons sur un petit marché (pour les touristes très certainement) mais parmi tous les vendeurs, il y a une petite mamie qui semble vendre des choses qu’elle fait elle-même (en tous cas, on a envie d’y croire). Elle avoue d’ailleurs, que tout n’est pas d’elle, certains produits sortent des usines. C’est le cas de gants que nous prenons mais a priori les bonnets sont faits main!
Après cette séance shopping, c’est mission courses pour les prochains jours et puis nous mangeons un morceau sur une petite placette avant de rentrer dormir!

Mardi matin, direction le glacier Pastorurui. Le bus pour venir nous chercher est à l’heure et nous commençons le long trajet qui doit nous y conduire. Après quelques dizaines de km, et un arrêt restaurant-épicerie, nous faisons un véritable arrêt intéressant. Nous découvrons une plante endémique, qui ne pousse qu’ici: la « puya raimondi ». Ce sont des plantes qui vivent une

cinquantaine d’années et qui donnent entre 6 et 12.000 fleurs en une seule fois. Après cette floraison, la plante commence à se détruire de l’intérieur et elle sèche. On dirait que des incendies sont passés par là, mais en fait pas du tout, c’est la nature… Le guide nous explique tout ça très bien. Nous nous rapprochons ensuite un peu plus du glacier mais avant, nous faisons un nouvel arrêt sur la route pour admirer des peintures apparemment préhistorique, ou du moins très anciennes. Il est assez difficiles de les voir, mais en se concentrant on y parvient. Et enfin, nous remontons dans le bus pour arriver au pied du glacier. Ce géant est en danger, nous le savons… il ne cesse de reculer chaque année, il y a d’ailleurs un panneau quand on s’en

approche qui indique jusqu’où arrivait la glace en 2015 et la différence est effrayante… En plus du réchauffement climatique, la fonte a été accélérée par des milliers de toursites qui venaient chaque année faire de la luge et du ski sur ces pentes incroyables. L’accès est interdit au public depuis 5 ans à peine…

Malgré ce constat alarmant, on ne peut s’empêcher d’être sous le charme de cet endroit. En arrivant face à lui (après une brève marche), nous nous installons pour notre pique-nique. C’est là que nous faisons la connaissance de Lucile et Pierre-Yves, deux Français installés en Australie et qui voyagent pendant 6 mois.
Après cette pause, c’est le moment séance photo au pied du glacier… plus on l’admire, plus on se dit qu’on fait certainement partie des dernières personnes à pouvoir s’en approcher. Sa disparition dans les prochaines années est inévitable. Forcément, tout ça n’est pas fait pour remonter le moral et la petite pluie qui nous arrive tout doucement dessus n’arrange rien.

Nous repartons alors vers le bus, malgré tout sous le charme de cet endroit assez magique. Et puis c’est l’heure du retour vers Huaraz. Un trajet interrompu par une longue pause dans un restaurant… pas le choix nous devons attendre!
De retour à l’hostel, nous rencontrons Valerie et Thomas, deux Belges, qui prévoient comme nous, d’aller jusqu’à la Laguna Churup le lendemain. C’est le seul endroit qu’on peut atteindre sans passer pas les agences. Nous prenons RDV le lendemain matin vers 6h30, pour tenter de partir avec les bus qui quittent la ville vers 7h.

Ce mercredi matin, le réveil sonne de bonne heure et nous sommes presque à l’heure au moment de partir. En compagnie de Valerie et Thomas, nous nous dirigeons vers le croisement où sont censés passer les bus pour la Laguna Churup. Rien à l’horizon mais quelques minutes plus tard, nous voyons un van nous crier dessus « Churup, Churup »! Nous embarquons et nous voilà partis dans ce bus rempli de… touristes! Il semblerait que certains chauffeurs aient compris le truc et ne prennent que des étrangers, ainsi ils appliquent un tarif bien plus élevé que pour les locaux. Mais nous n’avons pas trop le choix si nous voulons grimper tout là-haut.
Après une petite heure de route, nous nous retrouvons à l’entrée du Parc National pour entamer la montée jusqu’à la Laguna. Et ça commence fort, par une montée à pic… au moins on sait à quoi s’en tenir! Le souffle se régule et on est assez fiers de nous en arrivant au bout de cette première partie. Là, le chemin continue sur une partie plutôt

plate qui fait du bien aux jambes. Mais nous arrivons ensuite sur le dernier morceau et là, c’est une autre histoire: quasiment de l’escalade, avec quelques morceaux de cordes pour s’accrocher mais rien de fou… Heureusement nos petits sacs ne sont pas trop lourds et nous arrivons à nous hisser pour enfin atteindre notre but… la Laguna Churup, perchée à 4.450m.Après ses heures de grimpette, on a bien mérité notre pique-nique avec vue! Le temps de prendre un bon bain de soleil et de s’adonner à une longue séance photo, il est temps de redescendre, si on peut espérer retrouver un van pour nous ramener à Huaraz (on n’a pas très envie de redescendre à pied, même si c’est possible). La descente se fait facilement une fois que la partie escalade est passée!

A l’entrée du parc, notre chauffeur de ce matin est là… il attend en fait que le groupe se reforme. Après trente minutes d’attente, tout le monde est là et nous repartons donc vers Huaraz.
Ce soir, on ne fait pas long feu… la journée a quand même été bien fatigante.

Le lendemain, c’est journée repos, ou presque. Nous tentons encore de remonter notre retard sur le site, on ne perd pas espoir. Et puis c’est lessive à la main et nouvelle organisation pour la journée du lendemain… ce sera la Laguna 69!
Dans l’après-midi, nous partons avec Valerie et Thomas pour les « baños », comprenez piscine municipale, situés à quelques kilomètres de la ville.
A notre arrivée sur place, on découvre en fait une piscine marron (à cause de tous les oxydes présents), mais à une température agréable puisque nous sommes au pied d’une source d’eau chaude.

Laguna Chrup et son glacier

Même si le cadre n’est pas vraiment à la hauteur de nos espérances, nous profitons de ce moment qui fait un bien fou à nos jambes un peu lourdes aujourd’hui.De retour à Huaraz, et après une bonne douche, nous retrouvons Lucile et Pierre-Yves pour un apéro qui se transforme en dîner. Une super soirée tous les quatre, on prévoit de se revoir dans les prochains jours ou bien sur la route puisque nous avons à peu près les mêmes destinations vers le Sud dans quelques semaines.

Au réveil vendredi matin, ça pique un peu! Le bus passe nous prendre à l’hostel à 5H30 et nous filons pour la Laguna 69 avec Valerie et Thomas et tout plein d’autre voyageurs. Nous essayons de terminer notre nuit dans le bus, mais ce n’est pas évident… ça tourne! A 8h, nous faisons la pause petit déjeuner. Heureusement, nous avions prévu de quoi et nous n’avons qu’à acheter la boisson chaude parce qu’ils se font plaisir sur les prix.
Nous reprenons ensuite la route et nous faisons un arrêt à la Laguna Llanganuco… un endroit magnifique.

Mais à peine le temps d’en profiter et nous devons repartir et enfin vers 9h, nous commençons la rando jusqu’à la Laguna 69. Le plus dur n’est pas tellement la pente, parce que ça grimpe mais pas tant que ça, mais c’est de trouver son souffle (surtout pour moi). Matthieu court presque devant moi, ce qui l’oblige à m’attendre mais j’arrive quand même à suivre! C’est assez long, mais le paysage est là pour nous faire oublier tout ça… Et enfin, après presque 3h de marche, nous atteignons notre but… la Laguna 69! Ah oui, j’ai oublié d’en parler avant mais en fait les noms des lagunes viennent de leur position, ça commence par la numéro une et en tout le Pérou en compte 430, qui date toutes de l’aire glaciaire. Aujourd’hui nous avons donc atteint la Numéro 69 qui est surplombée par un glacier…

C’est maintenant une petite tradition: pique-nique avec vue de rêve! Et c’est bien agréable, on doit dire qu’avec Valerie et Thomas, nous sommes assez fiers tous les quatre d’être arrivés avant pas mal de monde!
A peine le temps d’en profiter, de manger un morceau et nous repartons pour la descente. Là, rien de compliqué, juste d’avoir les jambes qui tiennent le choc. Dans le bus qui nous conduit jusqu’à Huaraz, il y a encore moins de bruit qu’à l’aller, tout le monde est KO!
Une fois à Huaraz, Matthieu et moi partons réserver notre dernière excursion pour le lendemain, ce sera beaucoup moins sportif mais nous avons vraiment envie de découvrir les ruines de Chavin. Ensuite, c’est achat des billets de bus pour notre prochaine destination, puis nous pouvons enfin nous reposer un peu et surtout prendre une bonne douche! Mais pas le temps de trainer, nous retrouvons Valerie et Thomas pour un dernier dîner ensemble, eux aussi partent demain soir. Malgré l’envie, la soirée ne sera pas bien longue tout le monde tombe de sommeil.

Laguna 69

Samedi matin, nouveau programme: histoire et ruines! Direction Chavin, un des centres religieux les plus importants de l’époque pré-inca. La journée commence par un long trajet en bus, puisqu’il nous faut passer dans l’autre vallée. Pendant plus de deux heures, la super guide que nous avons nous raconte l’histoire de la civilisation Chavin. Je ne vais pas répéter tout ce qu’elle nous a expliqué mais sachez que ce peuple était parmi les plus grands résistants face aux attaques Inca, ils leur ont résisté quasiment jusqu’à l’arrivée des Espagnols. La ville était surtout un centre religieux, avec des fidèles qui venaient de partout pour vénérer un dieu enfermé dans un temple. Et ici, comme nulle part ailleurs, cette statue est toujours en place dans les entrailles du temple… c’est ça qui en fait un lieu unique. En plus le temple est très bien conservé…

Une fois la visite terminée, c’est la pause déjeuner dans le village. On avait pensé y dormir un temps mais au final on se dit qu’on a bien fait de ne pas tenter, il n’y a quasiment rien ici. Et puis direction le musée consacré au site. Là, nous découvrons certaines pièces qui ont été placées à l’abri comme des têtes sculptées placées en haut du temple, la collection est impressionnante.

L’heure du retour arrive (trop) rapidement et nous devons rentrer jusqu’à Huaraz. Une fois à l’hostel nous retrouvons nos petites affaires, mais nous avons encore de longues heures d’attente avant d’embarquer dans notre bus. Nous prenons donc la direction du centre-ville pour un dernier dîner ici et sur les conseils de Marie (de QuechuAndes), nous allons jusqu’à une pizzeria qui s’avère être un excellent choix! Et enfin, nous partons prendre notre bus… prochain arrêt Trujillo à 8h d’ici!