De retour pour se frotter aux "Torres del Paine"

Le 22 mars 2018

Sitôt arrivés, sitôt partis. Une semaine après avoir débarqué à El Chaltén, nous quittons l'Argentine pour un retour vers le Chili. Cette fois, direction Puerto Natales.
Après un passage de frontière assez épique: la douanière argentine n’avait pas changé la date de son tampon. Heureusement, je m’en suis rendue compte et nous avons tous du repasser pour qu’elle corrige son erreur: une rature sur mon passeport, je n’en avais pas encore, merci madame!
Bref, après une longue matinée de bus, nous débarquons dans cette ville qui nous paraît bien calme, normal au Chili, le dimanche c’est journée morte! Nous nous dirigeons vers un camping situé tout près de la gare routière et nous nous y installons pour les deux prochains jours. Nous avons vu que la météo du lendemain et de mardi ne sera pas folichonne, nous avons donc prévu de nous attaquer au Parc National Torres del Paine à partir de mercredi.

D’ici là, nous avons pas mal de choses à organiser, à commencer par notre exploration du Parc. Depuis un an et demi, la réservation des campings est obligatoire, des mois à l’avance, pour faire les circuits de randonnée les plus connus. Comme vous vous en doutez, nous n’avons rien anticipé puisque nous ne savions pas à quelle date nous serions sur place, du coup par de « W » ou de « O » (ce sont les noms des circuits de rando) pour nous. Il y a bien la solution d’aller dans le parc pour la journée, mais on ne voit pas grand chose, d’autant que le ticket d’entrée donne un accès de trois jours. En discutant avec d’autres voyageurs, nous avons opté pour une autre solution… la location de voiture. Nous serons libres de rester trois jours dans le parc, d’aller où nous voulons et de dormir un peu n’importe où. Mais voilà, trouver une voiture à louer un dimanche au Chili, il faut s’accrocher. Toutes les agences (pour le peu qui existe) sont fermées. Une seule est ouverte, mais elle nous propose un véhicule hors de prix. Au moins cette recherche acharnée d’agence a le mérite de faire découvrir la ville.

Comme partout au Chili, des maisons en bois ou en tôle, des rues larges et partout des petits commerces de tout et n’importe quoi. Ici, il y a aussi un port et les vues sont plutôt agréables, surtout que le soleil est au rendez-vous en cette fin de journée. Un dimanche qui marque aussi une grande étape pour nous: nous recevons un message du mécanicien à Santiago… le Kombi est réparé, il fonctionne! Enfin me direz-vous, et vous avez raison. Après 5 mois d’attente, il roule! Nous pouvons désormais penser à notre retour à Santiago, mais pas trop vite quand même, il nous reste des choses à voir dans le coin.

Le long du port de Puerto Natales

Lundi matin, nous sommes plein d’espoir pour la location de la voiture. Mais nous avons aussi d’autres petites choses à organiser, comme notre prochain trajet et surtout notre voyage en bus jusqu’à Ushuaia. On a beaucoup hésité à y aller, mais nous sommes si près du but… nous savons que la ville en elle-même n’a rien de fou, mais nous voulons voir de plus près la Terre de Feu. Donc, nous avons décidé d’y aller mais ça se mérite. Les bus se remplissent vite, alors après avoir étudié le calendrier, nous nous décidons, nous y partirons lundi prochain depuis Punta Arenas, pour 4 jours sur place.

Nous partons enfin à la mi-journée à la recherche de notre carrosse. Les agences sont ouvertes, et certaines ont encore des véhicules à proposer. Deux surtout sont dans nos prix, on se laisse le temps de la pause déjeuner (qui dure au moins jusqu’à 15h ici) pour nous décider. Entre temps, nous pouvons nous balader une nouvelle fois dans la ville et surtout passer au bureau du CONAF (l’agence des parcs nationaux au Chili) afin de recueillir toutes les infos nécessaires pour les

prochains jours. Enfin, nous décidons à réserver une des deux voitures que nous avons repérées… départ prévu demain en fin d’après-midi, c’est ce que nous voulions, pour faire le trajet directement vers le parc et dormir le plus près possible de l’entrée pour mercredi matin. Bref, un lundi organisation qui se termine par un dernier dîner au camping avec notre copine Amy, elle part le lendemain pour Punta Arenas…

Mardi matin, c’est le moment de ranger toutes nos affaires avant le grand départ en fin de journée pour les « Torres del Paine ».
Nous passons aussi une bonne partie de la matinée à organiser notre séjour à Ushuaia, vu que c’est la pleine saison, nous n’avons pas envie de nous faire surprendre et nous réservons notre première nuit là-bas et aussi la voiture pour se déplacer pendant trois jours. Oui, on craque un peu, mais quitte à y être, on a envie d’en profiter au maximum!

A la mi-journée, nous devons quitter le camping, sous un ciel bien gris. Alors que nous mangeons un petit casse-croute dans un parc, nous apercevons Laurent, notre copain de Villa O’Higgins. Comme il n’a pas de téléphone pour se connecter, on savait que ce serait compliqué de se retrouver, mais le hasard fait bien les choses… Après avoir passé un moment ensemble nous nous séparons et nous donnons rendez-vous samedi à 14h sur la Place d’Armes de Punta Arenas.

Une pause dans un café bien chaud plus tard, nous prenons possession de notre bolide: un Renault Duster (oui, ici c’est Renault et pas Dacia…) tout rouge! Passage au camping pour récupérer nos sacs et faire un coucou à Daniel (notre copain Allemand) qui rentre tout juste du parc, nous voilà partis. Après un peu plus d’une heure de route, nous trouvons un endroit où passer la nuit… dans la voiture puisque le camping est interdit. Il y a beaucoup de vent mais on devrait passer une bonne nuit et la vue promet d’être splendide au réveil.

 

On ne s’était pas trompé, quand on ouvre un oeil, au lever du soleil la lumière est superbe et surtout on voit déjà les fameuses « tours », derrière le Lago Sarmiento. En plus nous avons droit à un condor au-dessus de nos têtes pendant quelques secondes, le tableau est parfait!

On se dit que les trois prochains jours devraient nous en mettre plein les yeux. On ne perd pas de temps, direction l’entrée du parc. La grande question en y arrivant: va-t-on avoir droit au prix local, vu que nous avons notre RUT (ce numéro qu’on tous les Chiliens qui nous a permis d’acheter notre van)? Après étude de nos papiers… ouf, nous avons droit au prix local et on peut vous dire qu’on respire: 8€ par personne au lieu de 28€, on a eu chaud!

Nous voilà donc partis sur les routes (très fréquentées) du parc national, sous un soleil radieux… Les premiers points de vue nous régalent déjà: Mirador Nordenskjold, Laguna Mellizas, Lago Sarmiento (de l’autre côté)… Nous décidons de nous arrêter sur les bords du Lago Pehoe, pour prendre notre petit déjeuner. C’est d’ici que partent les bateaux (trop chers) pour rejoindre certains chemins de rando. Nous, nous décidons de partir vers un mirador situé à une petite heure de marche pour avoir une vue sur les « Cuernos », les

Cornes en français. Sur le chemin, nous ne sommes pas seuls, en plus des Américains bruyants, nous croisons des guanacos, ces biches locales, qui font à peine attention à nous. Et puis nous arrivons au point de vue… on peut dire que le peu d’efforts que nous venons de faire sont largement récompensés. Le panorama est splendide, au loin, on entend la glace craquer, c’est magnifique.

Après avoir longuement admirer le paysage, nous décidons de profiter de cette belle journée pour faire une des seules randos accessibles à la journée, celle qui permet de s’approcher au plus près des Torres. Nous pouvons nous garer assez près du départ de la rando, un parking sur lequel on a prévu de passer la prochaine nuit si on ne se fait pas déloger. C’est ici qu’ont dormi Anaïs et Boris, deux voyageurs rencontrés il y a quelques semaines plus au Nord, on va essayer de faire comme eux. En attendant, nous avons quelques belles heures de marche qui nous attendent. D’après le gardiens, 4h aller et 4h retour… on espère être un peu plus rapides parce qu’il est déjà plus de 13h. Le chemin est très agréable, bien entretenu… peut-être un peu trop fréquenté, mais c’est la haute saison, on n’y peut pas grand-chose.

On alterne entre passage découvert qui nous réchauffent et longs chemins dans les sous-bois. Arrive ensuite la dernière partie, dans les roches, pour s’approcher des Tours. Il faut s’accrocher par endroit, mais après 3h30 nous voici à destination… et ça valait le coup de transpirer un peu!

On ne peut pas trop s’attarder parce que nous avons encore tout le chemin retour devant nous. Le temps de manger une petite sucrerie pour reprendre des forces et c’est la même route dans l’autre sens. Même en descente, les jambes souffrent, mais nous arrivons à la voiture avant la nuit. Juste à temps pour faire un brin de toilette avec eau chaude s’il-vous-plait dans les toilettes du parking et nous passons cette soirée de Saint-Valentin (oui on l’avait presque oublié celui-là) à nous cacher au maximum dans la voiture pour ne pas alerter le gardien!

Au réveil jeudi matin, mauvaise nouvelle: après le soleil presque trop fort de la veille, ce matin c’est la pluie qui nous accompagne, sans une minute de répis. Après notre petit déjeuner, enfin, il semblerait que les goutes s’arrêtent mais les montagnes ont la tête

dans les nuages. On se dit qu’on a bien fait de se lancer hier, aujourd’hui ça n’aurait pas donné la même chose. Nous décidons de faire un début de journée en explorant les routes du parc pour rester à l’abri. D’abord direction la Laguna Azul, située un peu à l’extérieur. Bon, on ne peut pas dire que la lagune soit inoubliable mais ce qui est magnifique c’est la route pour y arriver.

 

Nous passons d’abord par la Cascade del Paine, et puis nous traversons des plaines désertes, fréquentées uniquement par les guanacos. Certains prennent presque la pose à notre passage…

Après cette jolie exploration, retour dans le parc, vers la partie située un peu plus à l’Ouest, où nous découvrons de superbes points de vue sur les Torres et les Cuernos… cette chaine de montagne est vraiment superbe. Nous faisons quelques arrêts jusqu’à tomber sur un endroit où la vue est magnifique…

Coucou toi!

Nous faisons aussi une petite rando qui nous conduit sur les hauteurs du Lago Toro et puis l’heure de retrouver un campement pour la nuit a sonné. Pas très envie de revenir sur le parking de la veille, nous décidons d’aller sur le parking un peu isolé du premier jour qui mène au point de vue sur les Cuernos. Et nous avons vu juste, un van est déjà là, la conductrice aussi a prévu de

passer la nuit ici, nous serons donc deux véhicules. Un endroit superbe pour profiter des derniers rayons de soleil qui donnent des couleurs si particulières à ce paysage. À la tombée de la nuit, nous avons droit à un visiteur encore jamais croisé: un tatou. Trop mignon avec sa petite carapace, il courait dans tous les sens sur la parking à la recherche de nourriture laissée par les visiteurs.

Pour nous, c’est notre dernière soirée dans le parc et surtout la dernière nuit à dormir dans la voiture. On doit dire que la perspective d’une nuit, allongés, nous laisse rêveurs mais ce sera pour demain.
En attendant, malgré les nuages, notre dernier réveil dans le « Torres del Paine » est superbe. La lumière du soleil levant sur les tours ne dure pas longtemps mais elle donne des couleurs incroyables.

Après le petit déjeuner, nous décidons de partir vers l’extrémité Ouest du parc, au plus proche possible (sans faire les fameux circuits) du Glacier Grey. Un peu d’exercice au programme car il n’y a pas trop d’option pour s’approcher de ce géant. Nous décidons d’aller sur une petite presqu’île (où passent encore les fameux bateaux hors de prix), mais à pied. Le chemin est assez rapide et à l’arrivée un bel iceberg nous attend comme pour nous montrer la direction du glacier au loin. Malgré les nuages, on le

devine et le spectacle est encore assez magique. Passée la longue séance photo, avec effets d’optique s’il vous plait, nous sommes de retour, sous le vent et la pluie, vers la voiture. L’heure avance et nous devons sortir du parc avant 13h30, parce qu’après la route pour rejoindre Puerto Natales est coupée dans notre sens à cause des travaux. Nous profitons donc de nos dernières heures ici pour nous arrêter

le long des lacs et lagunes pour admirer une dernière fois ces Tours et ces Cornes si impressionnantes. Un dernier pique-nique avec vue et le temps de mettre de l’ordre dans la voiture, nous prenons la direction de Puerto Natales. Même sortis du parc, la route est encore superbe avec des points de vue incroyables sur le Lago Toro. On se dit qu’on reviendra, un jour, avec une réservation pour faire les fameux circuits parce que ça doit être incroyable de s’approcher encore plus de ces merveilles de la nature.

Sur le chemin du retour, le ciel se découvre peu à peu et nous arrivons à Puerto Natales sous un soleil radieux. Nous pouvons déposer nos affaires quelques heures à notre ancien camping, le temps de rendre la voiture et de faire une dernière balade. Et puis, nous voilà partis vers notre nouvelle destination: Punta Arenas, la dernière ville digne de ce nom en Patagonie chilienne, plus au Sud c’est la Terre de Feu! Arrivée prévue à 22h…

Les petites infos en +:

Bus El Calafate - Puerto Natales: 590P(Arg) / personne. Ne pas payer la taxe de la station lors de l’achat, ils ne vous le redemanderont pas après.
Bus Puerto Natales  - Punta Arenas: 8.000P / personne, 15.000P l’aller-retour. Une vingtaine de bus par jour avec Bus Sur ou Bus Fernandez.

Torres del Paine:
Entrée du parc, valable 3 jours: 6.000P pour les locaux, 21.000P pour les étrangers (oui c’est impressionnant)
Dormir dans le parc: depuis deux saisons maintenant, il faut réserver sur le site officiel du parc les campings des circuits de rando en haute saison. Autant dire que c’est mission impossible pour des voyageurs comme nous qui ne peuvent pas prévoir à l’avance ce genre de chose puisque tout est plein des mois à l’avance. En plus certains campings sont privés et coutent une fortune (jusqu’à 150$US pour dormir sous une tente).
Il y a la possibilité d’y aller sur la journée: 16.000P l’aller-retour depuis Puerto Natales pour avoir un aperçu.
Sinon, comme nous, y aller avec son véhicule et dormir dans le parc. A part à l’entrée, nous n’avons eu aucun contrôle, et franchement, c’est pas des fous de ça, il n’y a personne à l’intérieur du parc. Pour éviter d’être embêté malgré tout, l y a certains endroits mieux « cachés » que d’autres (comme le parking de Los Cuernos), à découvrir dans la journée avant d’y revenir le soir.