Santiago, épisode 3: faux départ vers le Nord

Le 21 décembre 2017

Les petites infos en +:

Dépanneuse: environ 1.000P le km
Santiago - Calama : 35.000P par personne en Cama avec la compagnie Expreso Norte

Ce lundi 25 septembre est censé être le premier jour du reste de notre voyage. Nous avons prévu de récupérer le van en début d’après-midi chez Daniel, mais avant ça; il nous reste pas mal de choses à faire.
On commence par la mission assurance, parce que c’est bien beau d’avoir un véhicule encore faut-il l’assurer. On arrive à l’ouverture à l’agence (MAPFRE pour ceux que ça intéresse) et en une petite heure nous voilà couverts (ou du moins dans les règles puisqu’ici les assurances ne couvrent rien mais il faut en avoir une pour sortir des frontières).
Nous retrouvons ensuite Alicia pour boire un dernier café avec elle avant le grand départ. Ça nous fait plaisir de passer un moment avec elle, elle est top, hyper dynamique, pleine d’humour et de bons conseils pour la suite de notre aventure.
Elle nous accompagne jusqu’à un vendeur de clé, car l’autre mission de la journée est de faire un double des clés du Kombi. Mais ce qu’on pensait être une formalité va s’avérer beaucoup plus compliqué que prévu… personne n’a le modèle de notre clé, trop ancienne. Chaque vendeur nous renvoie chez un confrère et après avoir couru plus d’une heure, on décide de tenter une dernière solution: LE revendeur de pièces détachées Volkswagen de la ville. Bien sûr, ça ne répond pas, nous partons donc à pied en direction de la boutique. Après 30min de marche, nous arrivons à destination et c’est une nouvelle déception: « ah non, j’ai pas ça et c’est quasiment impossible à trouver de nos jours ». Merci monsieur, pour tout vous dire, on commençait à s’en douter.
Nous décidons de laisser tomber pour le moment, on s’y repenchera dans les prochains jours. En attendant, il nous faut repasser à l’hostel pour récupérer nos sacs. Une fois chargés, nous prenons un Uber pour arriver chez Daniel et, enfin, prendre la route.
Mais encore une fois, nous avons des petites choses à faire: acheter un pneu (à l’autre bout de la ville, sinon c’est pas drôle) et… sortir de Santiago. On ne dirait pas comme ça, mais cette ville est très embouteillée. Après un arrêt courses pour le soir, nous prenons lentement la direction de l’Ouest, mais on n’ira pas très loin. Nous décidons de nous arrêter sur une aire de repos pour passer notre première nuit dans notre carrosse, on est content, on s’en fout de dormir sur l’autoroute, d’autant qu’ici c’est largement autorisé.

Hier soir, on avait oublié de mettre un réveil et nous ouvrons les yeux à 9h ce mardi matin! Il n’y a pas à dire, on dort bien dans ce Kombi! Pour cette première vraie journée de vadrouille, nous mettons cap sur l’Ouest, en direction de Valparaiso. Mais on ne s’attarde pas, il faut qu’on avance puisqu’on doit être dans deux semaines à Lima pour retrouver mes parents qui viennent nous voir.
Le temps de faire quelques courses (et le tour de vendeurs de clés qui n’ont toujours pas ce qu’on cherche), nous nous mettons en recherche d’un camping pour la nuit, histoire d’être bien installé pour aménager notre intérieur comme on veut.
Nous prenons la route qui longe l’Océan Pacifique et on commence vraiment à goûter à ce sentiment de liberté: plus de bus, plus d’hostel à réserver…
Pour ce soir, il nous faut quand même trouver un camping. C’est chose faire en arrivant à Pichidangui, une petit ville en bord de mer. On débarque dans un endroit quasiment vide, il n’y a que le gardien et une autre tente sur ce terrain immense. Il s’avère que la tente est à une famille de Français qui voyage 6 mois entre le Chili et l’Argentine.

A peine installé dans ce petit havre de paix, nous nous lançons dans le grand ménage de notre maison roulante.PHOTOUn travail de longue haleine qui n’est pas franchement terminé quand le soleil se couche. Pas grave, on terminera demain matin. En attendant, nous passons une première vraie soirée à savourer notre nouveau confort.

Comme prévu le lendemain matin, nous entamons la journée par les finitions de notre aménagement. Le temps de prendre une douche (chaude, ou presque) et nous voilà repartis. Mais ce matin, le Kombi a eu un peu de mal à démarrer. Nous partons quand même mais après seulement deux kilomètres, Matthieu veut s’arrêter, pour lui il ne roule pas comme d’habitude. A peine arrêtés, un Chilien s’arrête pour nous demander ce qui nous arrive. Il a eu un Kombi, il sait à peu près comment ça fonctionne et se propose de regarder. Il est d’accord avec Matthieu, le bruit du moteur n’est pas normal. Au téléphone, il tente de comprendre ce qu’il se passe avec Luis (notre électricien spécialiste de Kombi qui m’appelait pile à ce moment pour prendre des nouvelles). A tous les deux, ils ne réussissent pas à résoudre le problème.

Je me décide à appeler Daniel pour savoir s’il sait ce qu’il se passe… rien de son côté, il m’encourage à appeler directement son mécanicien qui connait la machine comme sa poche. C’est reparti pour une consultation à distance, mais rien ne semble bouger. Avec Carlo qui est toujours avec nous, nous partons à la rencontre d’un mécanicien dans le village tout proche de Quilimari. C’est reparti pour une tour de consultation à distance avec Francisco (le mécanicien officiel) d’un côté et notre mécano local de l’autre. Ca pourrait être le bougies… ce serait tellement bien. On change les quatre, on croise les doigts très fort mais rien n’a changé, il y a toujours ce bruit étrange dans le moteur. Matthieu se décompose de plus en plus, on commence à comprendre qu’on ne pourra pas reprendre la route de si tôt.
On vous passe les dizaines de coups de fils aux uns et aux autres… Bilan: il faut remorquer le Kombi jusqu’à Santiago pour comprendre ce qui se passe. Forcément, le ton est un peu monté avec Daniel puisqu’on vient à peine d’en prendre possession, il nous a répondu sèchement que si quelque chose était de sa faute il paierait avant de raccrocher.

On y croit... on change les bougies!

Bref, on a le moral au plus bas mais heureusement dans notre malheur, Carlo, notre ange gardien de la journée, qui ne nous a pas abandonné depuis que nous sommes à l’arrêt nous propose de nous héberger pour passer la nuit. Mais il vit assez loin et en hauteur, il nous invite donc chez un ami à lui qui vit dans le village. C’est comme ça qu’on se retrouve chez Kalinka et Fernando. Avec Carlo et sa femme Edith arrivée entre temps, ils tentent tous les quatre de nous changer les idées et ils y arrivent presque. Leur accueil si chaleureux nous fait vraiment du bien, Fernando va même jusqu’à nous offrir une pierre de quartz à chacun. La région en regorge et d’après lui, quand c’est offert de bon coeur, ça porte bonheur, autant vous dire qu’on n’est pas prêt de la lâcher notre pierre.
Ce mercredi 27 septembre se termine dans une ambiance assez tristoune dans notre van. Il y a à peine 24h, nous étions encore insouciants et ce soir, il faut envisager toutes les options pour la suite du voyage.

La nuit a été mauvaise et nous sommes réveillés 5h par le téléphone: le dépanneur est déjà en route (il a une heure d’avance) et souhaite avoir de précision pour nous trouver. Heureusement,  Fernando est déjà debout et lui indique où nous sommes. En quelques minutes, le Kombi est chargé sur la remorque et nous voilà repartis vers Santiago…

Un voyage qui nous paraît irréel tellement nous avons encore du mal à réaliser ce qui nous arrive. Le dépanneur est malgré tout hyper sympa et tente de nous réconforter, il s’arrête même sur la route pour nous acheter un petit déjeuner. Après plus de deux heures de route, nous arrivons enfin à Santiago devant chez Francisco, le mécanicien. Il nous attend et nous accueille très gentiment. Il nous explique qu’il travaille de père en fils sur ce genre de moteur et nous dit qu’il fera le nécessaire pour que nous puissions repartir le plus tôt possible. Mais il ne nous laisse pas trop espérer, la panne peut être grave… il en saura plus ce soir ou demain matin, après avoir fait un premier diagnostic.

Un des moments les plus durs de notre périple

En attendant, il se propose de nous raccompagner vers le centre-ville où nous pourrons trouver un endroit où dormir. Il nous dépose sur une place où nous passons quelques heures à réfléchir à la situation. Les parents (qui ont du sentir que ça n’allait pas) nous appellent à ce moment et on a beau dire, même à des milliers de kilomètres de distance ça fait du bien de leur parler et notre malheur paraît d’un coup un peu moins gros.Nous reprenons la direction de notre dernier hostel où il reste une chambre, ouf! Mais demain, si nous sommes encore là, il faudra trouver un autre endroit, c’est déjà complet ici.

Une bonne douche et une petite sieste plus tard, retour à la réalité et à notre Kombi qui ne fonctionne plus. On peut dire qu’on a le blues, le vrai… Ce soir l’hostel propose des pisco sour gratuits, mais il en faudra plus pour nous remonter le moral. Au lit tout le monde, on verre ce que le sort nous réserve demain.

 

Au réveil, nous attendons toujours des nouvelles de Francisco et surtout son verdict quant à l’état de notre monture. Son mail arrive pendant le petit déjeuner… il n’y a rien de réparable à vue d’oeil, il faut donc ouvrir le moteur. En langage Kombi, comprenez qu’il faut sortir le moteur, ce qui demande pas mal de temps (et de savoir-faire). C’est donc sûr, on ne partira pas avec vers le Nord pour rejoindre mes parents. Nous allons reprendre notre voyage comme on avait l’habitude, dans ces bons vieux bus…
Mais avant de se lancer dans la réorganisation des prochains jours, il nous faut trouver un toit pour ce soir. Après quelques recherches, on trouve un autre hostel dans un quartier qu’on n’avait pas encore testé, eh oui ça existe encore! En attendant de déménager, nous partons faire une balade dans le centre de Santiago, histoire de nous changer les idées.
A notre arrivée dans notre nouvel hostel, c’est une nouvelle surprise: ils n’ont pas reçu notre réservation. En même temps, vue l’enchainement des derniers jours, ça ne nous étonne pas vraiment. Dans notre malheur, il reste quand même deux lits dans un dortoir et théoriquement une chambre double pour le lendemain. On verra bien…
En attendant, ce soir, nous passons chez Francisco pour qu’il nous explique ce qu’il a à faire sur le moteur et pour récupérer quelques affaires. Au moins, on comprend tout et c’est plus facile de communiquer de vive voix. En sortant, on se dit qu’on peut lui faire confiance… advienne que pourra, ce soir c’est repos!

Forcément, au petit déjeuner le lendemain matin, on nous apprend que la chambre vient d’être louée… On n’a même pas la force de râler. A son arrivée, le patron nous trouve une solution: il a un dortoir pas encore terminé et propose de nous y installer, pour presque rien. On ne s’attendait pas à une telle nouvelle, comme quoi, quand tout va mal, il y a toujours un peu d’espoir.
Cette journée, pluvieuse, ne nous pousse pas à la bonne humeur. Et pourtant, il faut continuer. Nous passons de longues heures à étudier toutes les possibilités pour l’infernale remontée jusqu’à Lima… avion? bus? avec ou sans étape sur la route?
On choisit l’option changement d’air et on évite d’aller d’une capitale à l’autre. Ce sera une étape de quelques jours à San Pedro de Atacama, histoire d’avoir une meilleure image du Chili, parce qu’on ne peut pas dire que Santiago soit un de nos meilleurs souvenirs.
Une fois notre décision prise, on passe entre les gouttes pour aller jusqu’à la gare routière acheter nos billets pour Calama, parce que rien ne fonctionne sur Internet. De là-bas, nous pourrons acheter notre billet pour San Pedro de Atacama à seulement 1h30.
Nous passons notre dernière soirée à Santiago à l’hostel, impatients d’être au lendemain…

Dimanche 1er octobre, c’est le jour J: on quitte Santiago pour de bon. On ne sait pas vraiment pour combien de temps en fonction des travaux qu’il y aura à faire sur le Kombi.
Après une matinée calme à faire quelques courses pour affronter les longues heures de bus qui nous attendent, nous quittons notre hostel en direction de la gare routière. Et enfin, à 15h on met les voiles: le bus est flambant neuf… pas de panne prévue!