Santiago, épisode 2: heureux propriétaires!

Le 10 décembre 2017

Ce lundi 18 septembre, l’activité dans le pays est complètement suspendue. Nous aussi nous sommes à l’arrêt, nous attendons la réponse de Daniel après l’offre faite la veille. Et cette réponse, elle tarde à venir… mais enfin, elle tombe en fin de matinée… c’est bon, Daniel (et sa femme) sont d’accord sur le prix! Restent juste quelques détails à régler ensemble. Mais en attendant, il nous faudra patienter jusqu’à mercredi matin pour faire avancer les choses, fête nationale oblige.
 

Pas le choix, nous prenons notre mal en patience. Ce lundi, ce sera travail sur le site et puis balade dans la ville histoire de prendre l’air, mais c’est pas la folie. Quelques personnes font la fête entre eux, dans la rue.

 

Le lendemain, 19 septembre, après la Nation, on fête l’Armée avec un grand défilé sur une des artères principales de la ville. Une sorte de 14 juillet avec exhibition des forces militaires du pays. Comme la veille, tout est à l’arrêt.
Nous partons pour une nouvelle balade dans le centre et nous en profitons pour enfin grimper le Cerro Santa Lucia, une promenade facile qui fait presque oublier qu’on est dans une grande ville. On le réalise de nouveau en arrivant au sommet d’où la vue sur la ville est imprenable.

À l'image du Palais de la Monnaie, tout est figé

En fin de journée, nous avons des nouvelles de Daniel qui semble se réveiller de son long week-end de célébrations. RDV demain matin 8h pour aller faire ensemble la vidange du Kombi.

Comme prévu ce mercredi, nous retrouvons Daniel et notre beau Kombi. Nous attendons toujours que l’argent envoyé depuis la France arrive, ici, au Chili pour pouvoir lancer la procédure de changement de propriétaire. D’ici là, nous partons donc avec celui qui est toujours le propriétaire de notre van pour une séance mécanique: vidange et longues explications sur tout ce que nous devons savoir avant de prendre possession de notre engin.

 

De retour dans le centre-ville, nous nous accordons une pause tourisme en allant profiter de l’exposition Andy Warhol au centre culturel de la Moneda, situé sous le palais présidentiel. On arrive juste avant midi pour profiter de l’entrée gratuite! On aurait d’ailleurs été un peu déçu de payer puisqu’au total il n’y a que deux (grandes) salles qui regroupent quand même les œuvres les plus connues de l’artiste.

Le lendemain matin, toujours pas d’argent sur le compte chilien de Daniel… donc toujours pas de Kombi pour nous. Après une petite séance de travail sur le site, nous partons nous aérer pour une longue marche jusqu’au Musée des Droits de l’Homme et du Souvenir. Une visite incontournable pour mieux comprendre les années de dictature. Le musée retrace les années Pinochet: de la video de la prise du pouvoir le 11 septembre 1973 jusqu’aux négociations du dictateur pour quitter le pouvoir en douceur, tout est expliqué. Les tortures, les camps, les exécutions sommaires… on raconte dans les

moindres détails la terreur et l’horreur de ce régime. Bref, un passage obligatoire pour comprendre le Chili. En ressortant, nous sommes forcément un peu remués et encore plus dans l’incompréhension quand on pense à certains Chiliens, qui, aujourd’hui encore, continuent à dire haut et fort qu’ils regrettent Pinochet.La fin de journée sera assez calme à l’hostel. On s’endort en croisant les doigts pour que le virement arrive demain…

 

Il faut croire que nos prières ont été entendues, l’argent est enfin arrivé au Chili. Daniel nous appelle pour nous en informer. Mais il nous faut encore aller avec lui, à sa banque, pour confirmer le virement. Une heure après, le virement est lancé sur son compte!
Là, il faut qu’on vous explique (pour ceux que ça intéresse): au Chili, pour éviter les trafics (de drogue principalement) l’argent qui vient de l’étranger est systématiquement bloqué par les banques. Il est stoppé le temps nécessaire pour vérifier qu’il s’agit bien d’argent « propre ». On lit sur certains blogs que ça peut durer des semaines… pour nous c’était l’affaire de quelques jours, mais tout est possible. Notre chance a été que Daniel appelle sa banque régulièrement pour savoir où en était la transaction, sans ça les vérifications et donc le virement peuvent prendre beaucoup plus de temps.

Bref, revenons à cette folle journée du vendredi 22 septembre, je dis folle et vous allez comprendre pourquoi. Une fois l’argent viré, Daniel tient à ce que nous fassions les papiers dans la journée… Pas de souci mais nous n’avions pas prévu que ce serait le parcours du combattant. (Pour savoir comment ça se passe et les papiers nécessaires, nous avons fait un bel article ici)
Première étape, passer chez Daniel récupérer les papiers du Kombi, bilan 45 minutes. Ensuite, aller chercher son beau-père, ça c’était la surprise du chef… Ayant quelques soucis financier, Daniel avait passé le véhicule au nom du beau-papa, nous avons donc besoin de lui pour faire les papiers, et 1h30 plus tard (oui, il y a des bouchons à Santiago) nous récupérons le propriétaire officiel.
Tous les quatre, nous prenons la direction du « Registro Civil », une sorte de préfecture, mais là, après une bonne heure d’attente, on nous dit qu’avec notre RUT (numéro chilien indispensable, obtenu grâce à Alicia, notre super mamie) il est impossible de faire la transaction. En fait, comme c’est trop récent, nous ne sommes pas encore enregistrés dans les fichiers.
Bien bien bien… nous devons donc passer chez le notaire. Daniel le pilote fonce chez le notaire le plus proche. Mais là, il nous manque un papier (qu’on aurait pu faire imprimer au Registro). Dany court alors dans la ville pour imprimer ce fameux papier et après une nouvelle heure de perdue nous sommes enfin face au notaire. Et là, un employé chuchote à l’oreille de celle qui est en train de certifier nos papiers. Elle lève la tête et nous dit que finalement elle ne peut pas valider le changement de propriétaire, elle a besoin d’un certificat médical qui atteste de la bonne santé mentale du propriétaire (passé 65 ans, ce serait soit-disant obligatoire). Je vous passe le scandale du beau-père, qui est hyper vexé, nous devons trouver un neurologue, parce que non, un simple médecin ne suffit pas.
Alors que nous sommes dans la salle d’attente d’un gros cabinet médical, Daniel a une illumination. Une copine de sa soeur travaille chez un notaire… après quelques coups de téléphone, elle lui confirme que nous n’avons pas besoin de certificat chez elle. Et c’est parti pour un nouveau rallye à travers la banlieue de Santiago, il est presque 17h, et nous arrivons chez un nouveau notaire. Là, nous doublons presque tout le monde et en moins de 30 minutes, nous sommes, enfin, propriétaires de notre beau Kombi jaune!
Depuis 10h ce matin, nous courrons les rues de Santiago, nous avons bien mérité un petit resto avec Daniel et son beau-père. Mais la journée n’est pas terminée, nous devons rentrer dans le centre-ville (après une nouvelle heure passée dans les bouchons) et… changer d’hostel. Parce qu’on ne l’a pas dit mais celui où nous étions est complet pour le week-end, nous avons donc réservé ailleurs jusqu’à lundi matin, le temps de terminer d’organiser notre nouvelle aventure sur les routes. Il est 22h quand nous sommes installés et nous tombons de sommeil… mais on s’en fout, on a enfin notre Kombi!

Samedi, c’est une nouvelle journée marathon qui commence. Nous arrivons chez Daniel en milieu de matinée pour récupérer notre Kombi. De là, nous partons à la recherche d’une jante de rechange (au cas où il nous arrive un pépin en chemin), heureusement, nous avions quelques adresses et la première est la bonne, nous trouvons notre bonheur.

Nous partons ensuite à l’autre bout de la ville chez Luis, l’électricien du Kombi. A son tour, il nous explique comment fonctionne toute la partie électrique du véhicule: la deuxième batterie, le frigo, les lumières, les prises… bref, on commence à devenir de vrais pros.Il est déjà plus de 14h quand nous partons de chez lui… direction le Feu Vert local pour faire quelques achats fusibles, sangles et j’en passe. Et puis, nous faisons toutes sortes de courses pour terminer de nous équiper: chaises pliantes, poêle, assiettes, verres.En fin de journée, nous sommes (quasiment) prêts à prendre notre envol manquent encore à régler un problème avec l’alarme… ce sera pour demain!En début d’après-midi, nous retrouvons notre Kombi chez Daniel et nous le rejoignons chez son ami qui a installé l’alarme sur le Kombi. Il passe une petite heure a tout nous régler et enfin nous pouvons repartir. Une fois de plus, on s’arrête pour chercher un dernier équipement qui nous manque: un bidon d’essence. Et enfin, on trouve notre bonheur, on n’y croyait plus!On ne traine pas à rentrer dans le centre-ville et déposer le Kombi chez Daniel. Nous devons finir nos sacs… demain c’est le grand départ!

Enfin aux commandes!