Santiago and Co

Le 13 avril 2018

C’est le grand jour ce jeudi 1er mars… le retour à Santiago pour récupérer notre van! Oui mais voilà, il y a encore quelques petites choses à régler, nous avons donc rendez-vous mercredi prochain et pas avant. A partir de là, nous aurons 1.000km de rodage à faire puisque le moteur est quasiment neuf. Et pas question de s’éloigner de Santiago, nous devrons rester dans les parages au cas où nous aurions un problème.

Pour le moment, nous avons donc quelques jours devant nous et surtout nous avons la chance de retrouver Marine & Manu (si vous avez bien suivi, nous les avons rencontré en fin d’année dernière avec Audrey & Dax…) qui nous ouvre une nouvelle fois leur porte. Ce jeudi, nous récupérons de la courte nuit de la veille mais nous en profitons aussi pour travailler un peu sur le site et les prochaines étapes, même si on ne sait pas encore trop comment tout cela va se passer.

Le lendemain, nous retrouvons également Jules & Dani (rencontrés eux aussi en fin d’année) pour une soirée de vendredi soir dans les rues de Santiago…

Après avoir récupéré de cette soirée, le samedi n’a pas été productif même si on s'est

quand même pas mal baladés dans le quartier de Providencia où habitent Marine & Manu. D’ailleurs, petite parenthèse, leur appartement est situé à une rue de celui de Daniel, l’ancien propriétaire de notre Kombi, vue la taille de la ville, c’est assez dingue.
Je disais donc, un samedi peu productif qui se termine dans un resto mexicain et direction Valparaiso dès le lendemain matin… une escapade de quelques jours à lire ici.

C’est en début de soirée que nous sommes de retour à Santiago ce mardi 6 mars. Le lendemain, nous profitons d’avoir un peu de temps pour aller boire un café avec Alicia, notre marraine qui nous a permis d’obtenir notre RUT et donc d’acheter notre van.
Une petite balade dans le centre-ville, la visite d’une expo au Palais de la Moneda sur les Romains et nous voilà de retour chez Marine & Manu avant d’aller récupérer notre van. Nous avons RDV avec Pablo, notre mécanicien, en fin de journée.
Nous sommes ravis de revoir (enfin) notre Kombi et de pouvoir partir avec. Mais avant ça, nous avons une longue discussion avec Pablo. Il nous explique d’abord tout ce qu’il a fait (on ne va pas rentrer dans les détails ici), et ce qui nous reste à faire. Comme il nous l’avait dit: nous avons 1.000km de rodage à faire autour de Santiago, comme ça au moindre problème, il n’est pas loin.
Notre conversation tourne également autour des « capacités » du van. Il nous met en garde sur un trop long voyage, pendant que nous voulons parcourir l’Argentine… quand on lui explique que notre projet d’aller dans le pays voisin est juste l’occasion de la renvoyer depuis l’Uruguay, il est plus confiant. Mais il nous prévient, c’est un vieux véhicule, il peut tenir 10.000km comme avoir un problème dans deux heures…

En attendant de prendre notre décision, nous allons déjà faire les 1.000 premiers kilomètres dans les prochains jours (semaines?) et profiter de ce temps pour demander des devis d’envoi depuis le Chili et nous prendrons notre décision en fonction. On doit avouer que Pablo nous a quand même fait un peu peur et en se réveillant jeudi matin, nous envisageons sérieusement un envoi depuis Valparaíso à deux petites heures de Santiago. Nous partons donc à la recherche d’entreprises chiliennes et françaises qui pourraient faire ceci. Sachez que ça n’a rien de simple: chacun se renvoie la balle, « nous ne traitons pas avec des particuliers », « voyez avec mon collègue », « nous n’allons pas au Chili », « nous ne proposons pas ce service »… et j’en passe! Nous passons deux journées la tête dans les demandes à attendre des retours côté français et à analyser les réponses chiliennes, parce que oui, on dirait qu’ici les gens sont plus réactifs…

Les chefs à l’œuvre!

Samedi matin, il est temps pour nous de quitter nos amis (pour quelques jours) et de commencer à ajouter des kilomètres au compteur de notre Kombi. Après un bon brunch qui nous donne des forces, nous prenons la direction de Villa de Maipo, une sorte de vallée agricole au Sud-Ouest de Santiago, à seulement 50km de la ville. Nous trouvons assez facilement un camping où nous allons nous installer quelques jours, pour faire des kilomètres dans la campagne alentours.

Les deux jours suivants vont se dérouler paisiblement autour de Villa de Maipo, quelques kilomètres à la fraiche le matin parce qu’il fait encore très chaud la journée et ce n’est pas très bon pour le moteur. On se replonge ensuite dans nos histoires de devis et on repart pour quelques kilomètres en soirée…

Dans notre camping de Villa del Maipo

Mardi 13 mars, nous décidons de quitter cet endroit paisible pour aller en visiter un autre, qui s’appelle Cajon del Maipo, situé lui au Sud-Est de Santiago. Un trajet assez long qui nous fait encore ajouter des  kilomètres au compteur… plus on avance, plus on reprend confiance dans notre bel engin. Tout a l’air de fonctionner parfaitement, nous sommes de plus en plus rassurés. A la mi-journée, nous débarquons donc dans cette nouvelle vallée qui ferait presque penser que nous sommes au milieu de nulle-part alors que la capitale n’est qu’à une trentaine de kilomètres. A notre arrivée dans le petit camping que nous avions repérés, nous rencontrons Nadine et Jean-Paul, deux Bretons, avec qui, nous ne le savons pas encore, nous allons passer les prochains jours. Une longue pose café à discuter avec nos voisins de camping plus tard, nous repartons dans nos devis avec de nouveaux contacts donnés par Nadine & JP. On ne dirait pas, mais notre réflexion avance petit à petit…

Mercredi et jeudi, nous passons des journées paisibles entre kilomètres, devis, réflexion et longues discussions avec les voisins. Nous apprenons aussi à réaliser du caramel beurre-salé maison (merci Nadine pour la formation) et puis nos nouveaux amis feront un cadeau de taille à Matthieu (et à moi aussi au passage)… un apéro au Pastis Duval! Des mois que nous n’avions pas eu ce goût de France, on doit avouer qu’on avait presque les larmes aux yeux! Encore une bonne soirée avec nos compagnons que nous allons quitter le lendemain matin.

Oui, ce vendredi 16 mars, nous reprenons la direction de Santiago. Nous avons rendez-vous avec Luis, l’électricien du Kombi, que nous avions rencontré avant notre premier « départ » en septembre dernier. Nous avons un souci avec le circuit électrique, ça ne tourne pas rond et comme il sait comment tout fonctionne, il va regarder ça de plus près.

Une nouvelle fois, on vous épargne les détails mais Luis nous fait tout fonctionner comme il faut, malheureusement, il ne peut rien faire pour l’inverter (en gros c’est cette caisse qui permet de transformer le courant 12v en 220V et de faire fonctionner les prises d’électricité dans le Kombi) qui a grillé. On verra pour le remplacer une fois en France, ce n’est pas l’urgence du moment.En fin de journée, après être passé au milieu des bouchons du vendredi soir, nous retrouvons Marine & Manu pour une soirée tous les quatre… calme la soirée, nous avons prévu de nous lever le lendemain pour aller marcher près de Santiago.

Comme prévu, nous sommes (quasiment) à l’heure pour partir en randonnée dans le parc naturel Aguas de San Ramon. A peine un petit quart d’heure de route et on se croirait à des dizaines de kilomètres de l’agitation de la capitale. Bon, bien sûr, comme on est samedi matin, il y a pas mal de monde qui est venu faire du sport, mais tout de même, on a de la place.

Au loin, Santiago (et son petit nuage de pollution)

Nous voilà donc partis sur un chemin censé faire 7km. Une première partie qu’on boucle rapidement, nous décidons donc de faire la grande boucle qui existe à travers ses montagnes. Nous voici partis sur ce chemin qu’on n’imaginait pas avec autant de dénivelé: ça n’en finit jamais de monter et puis de descendre, et de remonter et de redescendre… Nous atteignons finalement la fin du chemin: une cascade où tout le monde prend un peu de repos. Mais il ne faut pas trainer, nos petits casse-croutes nous calent à peine (oui, « on » a oublié la moitié de la nourriture en partant ce matin, je ne dénoncerai personne) et nous repartons dans l’autre sens. Comme à l’aller, ça grimpe et ça descend, et ça remonte… nos genoux en prennent un coup.

Pendant ce (long) retour, une idée lumineuse nous vient à l’esprit… et si on allait ensuite déjeuner dans un des restos préférés de Manu? Un but qui nous motive tous et nous arrivons enfin au parking avec l’idée du bon déjeuner qui nous attend… des petits plats français que Marine & Manu nous ont largement vantés!
Sur le chemin du retour, nous avons droit à un coup de fil un peu inattendu… avec quelques jours d’avance, Matthieu est officiellement devenu le parrain du petit Louis qui vient de pointer le bout de son nez (on a hâte de le rencontrer, dans quelques semaines).
Passées toutes ces émotions et une bonne douche plus tard, nous sommes attablés Au Bistrot, un vrai bon resto… Les garçons craquent pour une entrecôte, pour moi: un jarret de porc… le tout avec des pommes de terre sarladaises, presque comme à la maison!

Fiers de leur rando!

De retour chez Marine & Manu, une petite sieste s’impose, tous ces efforts, ces émotions et la digestion… difficile de résister. Mais au réveil, on ne se laisse pas abattre, c’est samedi soir quand même. Marine a invité Jules & Dani (souvenez-vous, le couple chez qui nous avons fêté le Nouvel An) ainsi que des amies de son travail… une joyeuse bande pour une super soirée qui se termine un peu tard.

Forcément, le dimanche ne sera pas très productif. On profite d’une journée au calme pour passer quelques coups de fils avant de se remettre la tête dans les devis dès le lundi matin.
Les demandes côté français ont du mal à avancer et on commence à réaliser que tout coûte très cher pour une livraison au Havre. Nous commençons à étudier d’autres possibilités, et pourquoi ne pas revenir à notre idée d’un envoi depuis l’Uruguay… mais pour ça, il y a beaucoup de route et surtout de passage des Andes (et ça grimpe pour notre petit Kombi).
Pour cette dernière soirée avant que nous repartions autour de Santiago finir les kilomètres de rodage qu’ils nous manquent, nous allons dîner dans un super resto péruvien à côté de chez Marine & Manu… un délice!

Mardi matin, c’est un nouveau départ et nous décidons de revenir vers le Cajon del Maipo: le cadre était bien agréable, il y fait bon et le camping n’est pas bien cher. Nous y arrivons à la mi-journée mais cette fois, il n’y a plus Nadine et Jean-Paul, ça fait presque bizarre. Une nouvelle fois, nous remettons la tête dans les devis et les nombreux contacts qu’il faut relancer pour cet envoi en France. Comme nous sommes posés, avec du temps, nous décidons aussi de nous remettre dans nos CV. Car, oui, le retour à la vraie vie approche. On n’a pas encore nos billets, mais on sait que ça va arriver. Nous allons passer une petite semaine dans notre camping, entre organisation de nos dernières semaines (même si tout est très incertain à cause de l’envoi du Kombi qui n’est toujours pas finalisé), les devis pour ce fameux envoi, les CV et aussi les kilomètres qu’il nous faut faire pour terminer le rodage. Enfin, on s’approche des 1.000km parcourus… le tout sans souci! Nous avons rendez-vous dans quelques jours avec Pablo, notre mécanicien pour des dernières vérifications et une vidange et nous serons libres!

Lundi 26 mars, nous sommes donc de retour à Santiago. Nous retrouvons Manu, sans Marine, qui est partie une dizaine de jours en vacances en France (la chance: fromage, foie gras, baguette, croissants, chocolatines…). En fin de journée, nous laissons le Kombi à Pablo. Si tout va bien, nous le retrouverons le lendemain soir.
Le lendemain, après avoir tourné les solutions dans tous les sens depuis de nombreux jours, nous avons quasiment décidé de faire les kilomètres qui nous séparent de Montevideo (en Uruguay) pour envoyer le van depuis là-bas. Les démarches sont plus simples et surtout beaucoup, beaucoup moins coûteuses. Nous voulons juste avoir l’avis de Pablo sur la capacité du Kombi à faire les presque 1.500km qui nous séparent du port d’envoi. D’après lui, le véhicule peut tout à fait arriver à destination sans problème, mais tout est possible, puisqu’il est quand même ancien. En gros, tout marche jusqu’à ce que ça lâche. Oui, on s’en est rendu compte. La différence de coup entre l’envoi depuis Valparaíso et Montevideo est telle qu’il est d’avis que ça vaut le coup de tenter l’aventure. En prenant notre temps, 100km par jour, tranquillement, avec des pauses, un passage de frontière plus au Sud de Santiago à « seulement » 2.500m d’altitude (contre 3.200m, au plus près de la capitale) et ça devrait le faire. C’est donc décidé, nous allons partir pour quelques semaines de voyage avec notre van… enfin me direz-vous! Reste à décider si entre-temps nous faisons un aller-retour en Equateur (que nous avons sauté lors de notre première arrivée au Chili en septembre). Nous nous laissons le temps de la réflexion, puisque nous devons encore organiser pas mal de choses pour le van. Et puis ce soir, il y a du monde en plus chez Marine & Manu: on attend Arash et Oda, un couple d’Iraniens qu’ils ont rencontré l’an dernier au Cambodge… c’est ça les voyages!

Le lendemain, nous partons déjeuner tous les cinq dans une sandwicherie typique chilienne… du gras, de l’avocat et des frites, c’est en gros le concept. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans un kiosque pour nous acquitter du « permiso de circulacion ». C’est une sorte de vignette, payable une fois par an, obligatoire pour rouler au Chili. Comme a priori, le van sera toujours sur le sol chilien au 1er avril (date limite pour renouveler le permiso), nous n’avons pas trop le choix. A faire aussi avant de partir: souscrire à une assurance. Mais comme on réfléchit encore à partir ou pas vers l’Equateur on ne sait pas à quelle date exactement on en aurait besoin. Dans l’après-midi, Manu et les Iraniens prennent la décision de partir en Patagonie dès le lendemain! Oui, oui… Manu ne reprend le travail que le lundi suivant, il a donc le temps de partir avec eux quelques jours dans le Sud!

Jeudi matin, après avoir dit au revoir à tout le monde, sans trop savoir quand on se retrouverait nous nous retrouvons tous les deux. Les billets pour l’Equateur sont encore à prix abordable pour un départ samedi et un retour dans trois semaines… nous sommes encore très hésitants.
En attendant de se décider pour de bon, nous nous mettons au travail pour notre site: on est presqu’à l’heure… la fin de le Patagonie est en passe d’être terminée.

Vendredi, décision est prise: nous allons vers l’Equateur avant de nous lancer en direction de Montevideo. Mais avant de penser à nous envoler, nous devons trouver un parking pour le van. En demandant au gardien de l’immeuble de Marine & Manu, il nous dit que deux emplacements sont libres… et nous voilà partis pour mesurer si ça passe, la réponse est oui! Mais il faut attendre  au moins le lendemain pour organiser ça avec le « chef » des gardiens. Dans la soirée, nous décidons de prendre nos billets: oui mais voilà, le paiement ne marche pas! On verra ce que ça donne le lendemain… toutes ses hésitations nous ont grandement fatigués ces dernières semaines. Au réveil samedi, nous voyons dans cette transaction qui n’est pas passée le signe que ce n’est peut-être pas la meilleure des idées de partir vers l’Equateur. Nous avons reçu un mail qui nous demande de contacter la compagnie pour confirmer le paiement, sans ça, notre réservation sera annulée. C’est finalement ce qui va se passer, car nous décidons de mettre nos derniers efforts dans cet ultime trajet vers Montevideo qui s’annonce malgré tout comme une petite épreuve.
Le week-end de Pâques se passe tranquillement, entre ces prises de décision (on ne sait jamais si on fait le bon choix, et c’est un peu épuisant à la longue…), quelques balades pour s’aérer l’esprit, un bon repas quand même pour ne pas se laisser abattre.
La vie redémarre dans Santiago ce lundi 1er avril (ici c’est le vendredi saint qui est férié). En milieu de matinée, nous avons le plaisir de retrouver Marine qui rentre de ses vacances en France… les bras chargés de fromage! Pendant qu’elle part faire quelques emplettes, nous partons en mission assurance internationale (obligatoire en Argentine) et c’est une vraie mission. Nous allons dans une agence de la compagnie à laquelle nous avions souscrit à l’automne… et là, on se rend compte qu’on s’est fait avoir en septembre. En fait, cette compagnie n’assure pas les véhicule en deçà de 1980, la jeune fille qui nous apprend ça, nous confirme qu’on s’est bien fait arnaquer et heureusement qu’il ne nous est rien arrive (en même temps, souvenez-vous, on n’est pas allés bien loin). Bref, elle nous invite à rechercher sur Internet une compagnie qui pourrait assurer les véhicule ancien. De retour à l’appartement, nous nous rendons compte que toutes les compagnies que nous tentons ont la même limite d’âge pour les véhicules… heureusement, Matthieu pense à aller voir sur la page de « L’Automovil Club de Chile » et eux, proposent cette assurance internationale pour tous les véhicules, sans limite d’âge, nous voilà sauvés.

Le lendemain matin, nous sommes 6 à l’appartement, Manu et les Iraniens sont rentrés dans la nuit de leur périple en Patagonie. Pour nous, c’est notre dernière journée à Santiago, nous avons décidé de mettre les voiles le lendemain. C’est rangement, organisation, dernière balade dans le quartier et nous voilà partis pour une dernière soirée chez Jules & Dani! Encore un bon moment tous les six, on ne sait pas quand on se retrouvera mais on devrait bien arriver à se croiser en France pendant les prochaines vacances. D’ailleurs Marine & Manu ont prévu de débarquer en septembre… on se tient prêt!

Mercredi 4 avril, dernier réveil à Santiago et franchement c’est étrange de se dire que c’est la dernière fois (en tous cas pour ce voyage) qu’on voit cette ville. On croise les doigts pour que ce soit vrai et qu’on n’ait pas à revenir sur une dépanneuse… On est forcément un peu angoissés à l’idée de quitter la capitale. Ça veut dire que chaque kilomètre parcouru nous éloignera un peu plus de Pablo, notre mécanicien. Et une fois les Andes passées, nous serons sans filet…