Medellin, la ville d’Es(co)bars

Le 30 octobre 2017

Une journée à oublier ce mercredi 23 août. Après une nuit inexistante dans le bus qui nous conduisait de Mompoz à Carthagène, on nous débarque sans ménagement dans la gare routière, il est 3h30. On trouve un banc pour se poser et on arrive tant bien que mal à se relayer: l’un dort pendant que l’autre surveille les bagages.
Un début de journée difficile donc, alors que c’est l’effervescence dans la gare où tout le monde se bouscule devant un petit écran de télé. C’est l’arrivée d’une étape de la Vuelta (en Espagne) et apparemment un Colombien est bien placé. Après cette matinée à la gare routière, c’est direction l’aéroport. Encore une fois, les innombrables heures de bus pour rejoindre Medellin nous ont effrayés et il faut dire qu’ici les vols intérieurs ne sont vraiment pas chers.
Nous débarquons à Medellin en fin d’après-midi. Il faut savoir que l’aéroport est à une heure de la ville, c’est donc taxi obligatoire et pas moyen de négocier, il y a des prix fixes affichés. Nous tombons sur un chauffeur hyper sympa (ça change des parisiens…) qui nous explique pas mal de choses sur sa ville. Il nous parle aussi brièvement des années Escobar où régnait la terreur et la crainte qu’une bombe explose à chaque coin de rue…
Il nous dépose dans le quartier Poblado où on trouve la plupart des hostels et hôtels pour touristes. Nous nous installons dans l’un d’eux, tout neuf et donc tout propre!
Cette première soirée est assez expéditive, après la nuit dans le bus, nous avons besoin de rattraper tout ça!

Les petites infos en +:

Medellin, taxi aéroprt / centre-ville: 60.000COP le trajet, non négociable, c’est affiché dans l’aéroport
Trajet en métro: 2.000COP / personne
Free City Tour, inscription obligatoire en amont sur leur site www.realcitytour.com
Colectivo jusqu’à Guatape: 11.000COP / personne
Entrée du Peñon: 18.000COP / personne
Bus vers Salento: 45.000COP / personne

Au réveil le lendemain matin, c’est pas la grande forme de mon côté. Il semblerait que les arepas d’hier soir n’était pas de première fraicheur…
Cette première matinée à Medellin est consacrée à Avianca… qui nous confirme par téléphone que notre remboursement est toujours à l’étude. Et surtout, nous commençons sérieusement à chercher un véhicule à acheter au Chili. Si vous vous rappelez bien, nous avons rencontrés un couple de Belges en Afrique du Sud à Port Elizabeth qui se préparait à remonter toute l’Afrique avec un Combi Volkswagen… Une idée qui avait séduit ou plutôt conquis Matthieu, et je dois l’avouer moi aussi. Après quelques mois de réflexion, car oui c’était il y a presque un an, nous entamons nos premières recherches. Nous savons que seul au Chili les étrangers peuvent acheter facilement un véhicule et surtout qu’il y a encore des vieux Combi Volkswagen à des prix très raisonnables, très loin de la folie européenne.

En début d’après midi, nous laissons tout ça de côté pour aller suivre le Free City Tour de la ville. Comparé au petit groupe de quatre que nous avions à Bogota, c’est une vraie usine ici. Nous avons dû réserver il y a quelques jours et nous nous retrouvons une petite centaine de personnes, séparés en groupes de vingt. Nous sommes avec Laura, à peu près notre âge, native de la ville qui a pas mal voyagé en Amérique du Sud. Si on calcule, elle a elle aussi connu les années noires de sa ville et nous en parle beaucoup. Elle s’attarde aussi sur l’histoire de sa région, de son pays, ses traditions… Nous passons dans le quartier des institutions, puis nous nous retrouvons dans le centre-ville (une véritable cocotte-minute cet endroit)… Un tour hyper intéressant pendant lequel Laura répond à toutes nos questions. Nous passons aussi par la place San Antonio où il y a eu une attaque à la bombe et une trentaine de morts en 1995. Une statue de Botero a été endommagée à cet endroit et pour montrer le nouveau visage de la ville une statue intacte a été installée à côté… c’est tout le symbole de la ville.

Après plus de trois heures de visite, Laura nous quitte près du métro et tout près également d’un des plus vieux bars de la ville qu’elle nous encourage à tester: le Café Malaga. Forcément, qui est tenté par l’expérience… Bibi et Matthieu et trois autres Français: Théo, Robin et Antoine. Seuls deux Américains se joignent à nous mais après un premier verre, ils nous quittent. Bien sûr, les garçons veulent tester d’autres bières artisanales…  Mais la dégustation ne dure pas trop longtemps, tout le monde est fatigué, surtout moi, avec mon bon mal de ventre. Ce soir, ce sera riz et dodo!

Vendredi matin, c’est une matinée tranquille pendant laquelle on se balade dans notre quartier où il y a tout plein de petits cafés qui donnent envie, d’ailleurs on craque pour l’un d’eux!
Nous partons ensuite vers le quartier Santo Domingo, perché sur une des collines qui entoure la ville. Pour l’atteindre, c’est métro puis… téléphérique. Dans la cabine, on survole ce quartier qui était assez chaud à l’époque d’Escobar. Aujourd’hui c’est beaucoup plus tranquille et on découvre des ruelles escarpées et pour certaines bondées.

Nous nous baladons dans ce quartier qui a vraiment gardé son authenticité et nous commençons à descendre la colline. Mais plus on descend, moins il y a de monde et plus on se sent vulnérables. N’allons pas tenter le diable, nous rejoignons une des stations de téléphérique pour rejoindre le bas de la ville. Sur le retour, nous nous arrêtons dans le centre-ville pour retrouver une nouvelle fois cette effervescence.

A cette heure de la journée, il y a des vendeurs ambulants partout et on peut trouver de tout: chaussures, pantalons, brosse à cheveux, raticide… tout se vend.

Ce soir, nous retrouvons les trois Français rencontrés la veille. Avec eux, nous goûtons enfin l’aguardiente, l’alcool colombien par excellence, qui ma foi passe plutôt bien.

Malgré l’aguardiente de la veille, le réveil n’est pas trop difficile samedi matin. Aujourd’hui, nous avons prévu de nous éloigner de la ville pour aller visiter Guatape. Après deux heures de collectivo dans lequel tout le monde s’entasse, on nous dépose au pied du Peñon, le pain de sucre qui fait toute la curiosité du coin.

Au programme pour y monter: 659 marches sur 200m de dénivelé qu’on avale assez rapidement. Une fois en haut, la vue sur la région est assez sympathique et la séance photo est assez longue, mais ça vaut le coup.
Après le Peñon, nous rejoignons la village de Guatape. La particularité ici, ce sont les maison décorées par des bas-reliefs de toutes les couleurs qui représentent des animaux, des scènes de la vie courante… Ce qui rend le village assez mignon. On ne résiste pas à une pause empanadas / jus de fruits sur la place du village encore bien ensoleillée. Mais l’orage menace et ne tarde pas à éclater. Heureusement, tout ça ne dure pas trop longtemps et nous pouvons bien profiter du village. Et puis c’est retour à Medellin, où une fois arrivés à l’hostel, un nouvel orage éclate et avec lui des trombes d’eau qui se déversent sur la ville. On dirait que le mauvais temps nous suit. Ce soir, Matthieu décide de rejoindre nos trois Français pour regarder LE match de boxe de l’année et pour sortir un peu… Pour moi ce sera dodo, même si l’hostel est bien bruyant en ce samedi soir.

Le Peñon et ses centaines de marches

Dimanche, c’est une journée tranquille qui commence par quelques appels à la famille et aux amis. Et puis on se met à sérieusement envoyer des premiers mails pour les vans au Chili même si on n’a toujours pas pris une décision ferme sur notre départ là-bas… on attend surtout d’être remboursés de nos billets pour pouvoir en prendre de nouveaux.
Ce dimanche est bien calme dans le Poblado où on apprécie la balade. Nous allons aussi jusqu’à la gare routière (du sud cette fois), réserver nos billets pour le lendemain matin, direction Salento.
On se sentait bien ici, mais il faut bien avancer et c’est une longue journée de bus qui nous attend demain.