Dernières aventures birmanes à Mawlamyine

Le 24 juin 2017

Ce jeudi 1er juin, ça sent la fin au Myanmar. Nous partons ce matin pour Mawlamyine notre dernière étape ici. Moins de deux heures de route dans un bus local depuis Hpa An et nous voilà arrivés à destination. On nous débarque à la gare routière où nous rencontrons un Cambodgien qui était dans le même bus que nous. Ensemble nous prenons un tuk-tuk pour aller jusqu’au centre-ville. Rien de bien fou ici, et la ville n’a vraiment pas l’air accueillante. Nous tombons sur un premier hôtel un peu trop cher pour nous. Nous nous rendons compte que c’est un peu le cas partout sauf à la Breeze Guesthouse! Et il y a une raison à ça… c’est sale, très sale même! On se dit que même qu’on n’a pas trop le choix et nous décidons de rester ici malgré tout.
Forcément, on ne s’attarde pas dans notre chambre et partons vite marger un morceau. Avec notre nouveau copain qui semble avoir décidé de voyager avec nous… sans nous prévenir!
Matthieu et moi avons prévu d’aller voir Win Sein Taw Ya, c’est-à-dire les plus grands Bouddhas couchés au monde, qui sont à une trentaine de kilomètres de la ville. Après une longue négociation, nous trouvons un tuk-tuk pour y aller.

En approchant, nous apercevons à peine les statues, et comme d’habitude on peut dire, nous sommes accueillis par une allées de statues. Et puis en arrivant à l’entrée du lieu, nous sommes impressionnés par la démesure des ces constructions mais aussi par leur absurdité. Ce projet a vu le jour sous l’impulsion d’un moine qui a voulu avoir les plus grands Bouddhas couchés au monde. Résultat: 180m de long, 30m de haut, 15 ans de travaux et des milliers de dollars dépensés par la volonté d’un seul homme. Et il a fait durer le plaisir puisqu’une première version du visage du bouddha ne lui a pas plu, il a fallu le refaire! Encore aujourd’hui, le monument est en travaux et on encourage les visiteurs à le financer. Nous nous sommes donc offerts deux carreaux…

L’intérieur de la statue est un immense labyrinthe avec des dizaines de salles qui se suivent, certaines racontent la vie du Bouddha, d’autres sont carrément vides… une ambiance vraiment étrange. Avant de quitter cet endroit, nous passons dans le jardin où d’autres grandes statues ont été installées.
Nous rentrons à Mawlamyine en fin de journée, dons notre guesthouse de l’angoisse. ON ne traine pas dans la chambre et nous partons pour une petite balade dans la ville, qui n’est pas franchement intéressante, avant de profiter du coucher de soleil sur le fleuve.

Nos deux carreaux déposés dans le temple

Le lendemain, nous avons prévu de visiter l’Ile aux Ogres, située au milieu du fleuve, juste en face de la ville. Au départ nous pensions y aller en bateau, mais toutes les excursions sont hors de prix. Nous savons qu’il est aussi possible de partir depuis l’embarcadère de la ville, mais ça risque d’être compliqué de circuler sur l’île ensuite.

Nous faisons donc le choix de louer un scooter puisque l’île est accessible par la route, il suffit d’emprunter un pont flambant neuf. Nous partons finalement avec notre Cambodgien (qui a décidé de tout faire avec nous semble-t-il) et une Américaine qu’il embarque sur sa monture. A peine partis, une averse nous force à faire un pause. Heureusement, la météo s’améliore rapidement et nous pouvons reprendre la direction de l’Île aux Ogres. A peine passé le fameux pont, nous nous retrouvons sur une route superbe. Tout autour les paysages sont magnifiques, d’un vert parfait.

Et puis nous nous enfonçons dans l’île. Nous savons qu’elle renferme tout plein de petits ateliers différents. Nous arrivons dans un premier village spécialisé dans la fabrication des ardoises. Mais pas facile de trouver les ateliers (surtout avec notre pote cambodgien qui n’a pas l’air intéressé mais qui veut à tout prix rester avec nous). Nous croisons un homme sur le bord de la route à qui nous demandons où se trouvent ces fameux ateliers. Il est très amusé qu’on veuille y aller et nous conduit volontiers. Nous passons dans les petites rues du village et puis nous entrons dans un jardin, il faut aller tout au fond et c’est là que se trouve l’atelier, c’est comme ça dans tout le village, il faut pousser les portes. Nous découvrons donc un homme au fond de son jardin en train de fabriquer des ardoise pour les écoliers. Il en est à l’étape de la découpe du bois qui entoure la pierre.

Il arrondit les angles qui entourent les ardoises

Notre guide improvisé nous conduit ensuite dans un second atelier, moins authentique qui semble plus habitué au passage des touristes. Mais c’est quand même intéressant à voir.
Nous quittons ensuite ce village et partons à la recherche d’une fabrique d’élastique située à quelques kilomètres. Comme pour les ardoises, pas d’indication, il faut demander aux locaux au bord de la route. Après plusieurs kilomètres et un seul demi-tour, nous arrivons enfin à destination. Comme pour les ardoises, nous débarquons comme des fleurs dans l’arrière-cour d’une maison. Il y a un jeune ouvrier qui travaille, on lui demande la permission d’entrer et il nous fait comprendre que bien sûr nous pouvons visiter. Sans parler anglais, il tente de nous montrer les différentes étapes de la fabrication des élastiques: du séchage du caoutchouc sur des piquets en plein soleil jusqu’au découpage… Mais en ce moment, il pleut souvent et donc l’usine travaille un peu au ralenti puisque c’est compliqué de faire sécher tout ça sous l’eau!

Aujourd'hui, c'est le caoutchouc vert qui sèche...
... et on découpe des élastiques jaunes et rouges

C’est ensuite l’heure de faire un arrêt restauration. Si la conversation avec notre Américaine est plutôt intéressante, les propos de notre pot de colle cambodgien sont plutôt agaçants… « Et vous les Français vous faites des films, j’en ai jamais vu, je regarde que des films américains.. » Oui bah renseigne-toi, on a quand même le plus grand festival de ciné au monde! Vous l’aurez compris, pour apprécier nos derniers moments ici, il devenait urgent de se débarrasser de lui. Nous arrivons très subtilement (ou pas) à lui faire comprendre que nous avons tout un tas de choses à faire avant de partir: écrire des cartes postales, acheter des souvenirs… bref, rien de bien intéressant!

Enfin, en début d’après-midi, nous reprenons la route tous les deux… qu’est ce qu’on est bien sans donneur de leçons! Nous profitons du paysage reposant d et nous terminons le tour de cette petite île en faisant plusieurs arrêts photos, mais aussi un arrêt achat. Oui on a rauqé pour un chapeau traditionnel! On ne sait pas trop comment on va le transporter mais tant pis, on en avait trop envie. Et puis 1€, si on l’abîme, on n’aura pas pris un trop grand risque.

Nous quittons ensuite l’Île aux Ogres pour rentrer vers Mawlamyine. Il nous faut écrire (et poster) nos dernières cartes postales, on ne lui avait pas vraiment menti au Cambodgien. Nous passons ensuite au centre commercial de la ville. C’est toujours sympa de voir ce genre d’endroit, complètement à part ici. Et puis nous passons notre dernière soirée ici, au Myanmar.
Un pays qui nous aura charmé: toutes ces pagodes, ces moines qui déambule partout, ces hommes en longyi, ses visages décorés au thanaka, ses sourires sanguins à cause du betel… et malgré sa couleur pas très ragoutante, on n’oubliera jamais ce sourire, et cet accueil que seuls les Birmans savent offrir.

Ce samedi 3 avril, on a failli oublier toute la magie que nous a offerte le pays pendant presque 4 semaines… A cause du service désastreux de notre guesthouse, jusqu’au bout ce sera pourri! La veille nous avions réservé un « van », comme on nous a dit pour partir jusqu’à Myawaddy, la ville frontalière avec la Thaïlande. Oui mais voilà, c’est une voiture qui nous attend devant l’hôtel et nous sommes 5 passagers, ce qui fait 6 avec le chauffeur, il en faut donc un dans le coffre. Vu le prix qu’on nous a vendu le trajet, nous exigeons que chacun ait au moins un siège, c’est-à-dire une seconde voiture. Je vous passe les longues discussions et négociations mais finalement, on nous conduit à la gare routière où un des managers de la guesthouse nous trouve deux voitures et c’est ainsi que nous quittons Mawalmyine… un peu sur les nerfs mais encore une fois le sourire de ma voisine et du chauffeur nous feront oublier cette mésaventure!
Direction la frontière… 4 heures de route à travers la campagne birmane et nous passerons une nouvelle fois en Thaïlande!

Dernier coucher de soleil sur le Myanmar

Les petites infos en +

Bus Hpa An - Mawlamyine: 1.000K / personne
Tuk tuk jusqu’aux Bouddhas géants: 15.000K
Location scooter : 10.000K la journée
Taxi partagé Mawlamyine - Myawaddy (frontière) : 11.000K / personne

Si vous allez seul sur l’île aux Ogres, n’hésitez pas à demander aux locaux où se trouvent les différents ateliers. Sans eux, vous ne les trouverez jamais, rien n’est indiqué.