Vous l’aurez compris si vous avez suivi nos aventures, la Turquie n’a pas été notre meilleur moment depuis le départ.
Il y a d’abord eu nos premiers jours en pleine fête de fin du Ramadan avec des villes (et surtout des hôtels) bondés. Et puis l’arrivée sur la côte pour se lancer sur la voir lycienne avec des sacs trop lourds et surtout une chaleur accablante qui m’a tiré les premières larmes du voyage…
Il a fallu prendre la décision de quitter le pays, une décision renforcée par l’appel de nos parents nous apprenant que les ambassades de France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis fermaient leur portes. On était à 24h du coup d’état du 15 juillet dernier et nous avons quitté le pays pour la Bulgarie.

Un coup d’état qu’on n’a pas vraiment senti venir. Mais sur place, nous avons été surpris. En fait, nous avions visité Istanbul deux ans auparavant et la ville respirait la douceur de vivre, avec des boutiques vivantes, une population ouverte avec des femmes voilées ou non qui vivaient en bonne intelligence. Mais depuis, la machine Erdogan semble avoir fait son chemin… La religion a repris une place importante dans ce pays qui est laïc depuis la politique mise en place par Atatürk dans les années 20.
Lors de l’appel à la prière, comparé à notre premier séjour, nous avons vu beaucoup de personnes rejoindre les mosquées et puis surtout, ce qui est le plus visible, ce sont les femmes voilées beaucoup plus nombreuses. Et alors que nous étions en bord de plage, je ressentais parfois certains regards réprobateurs quant à ma tenue, pourtant un simple short (pas vraiment court) et un débardeur qui ne laissait rien voir.
En lisant la presse du Moyen-Orient, nos impressions se confirment. Les boutiques touristiques qui font le charme de certains quartiers stambouliotes comme Galatasaray ou Kadiköy, ont du mettre la clef sous a porte. La faute à des loyers excessifs instaurés depuis quelques mois par le pouvoir en place. Nous avons également appris que le quartier de la vie nocturne, derrière la place Taksim, est en train de dépérir.
Nous savions que les régions du centre et de l’Est de la Turquie étaient conservatrices et acquises au pouvoir d’Erdogan, force est de constater que son emprise gagne du terrain.
Nous sommes repassés à Istanbul après le « coup d’état », un nombre impressionnant de drapeaux ont été hissés un peu partout dans la ville en soutien au néo-dictateur Erdogan.

Il y a donc eu une évolution des mentalités, même si les plus jeunes que nous avons croisés sont toujours avides de liberté. Nous espérons qu’ils sauront conservés leurs acquis pour que le pays ne perde pas ce qui fait sa richesse depuis plusieurs décennies: son tourisme et son ouverture sur l’Occident.
Car, oui, la Turquie reste (nous en sommes convaincus) un pays magnifique avec un patrimoine exceptionnel et un peuple très accueillant.

 

Le 14 novembre 2016

Le nouveau visage de la Turquie

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