Un peu de fraicheur vers le Nord

Le 22 juin 2017

Ce vendredi 12 mai, nous montons dans une sorte de camionnette en direction de Pyin Oo Lwin, bien sûr nous sommes les seuls touristes dans notre embarcation! Le moteur chauffe un peu dans les montées… d’ailleurs notre chauffeur tente de refroidir tout ça à la mode birmane, en mettant de l’eau fraiche directement dans le radiateur du moteur… pas sûr que ça fonctionne bien!

Pendant le trajet, nous faisons la rencontre de Thant, un jeune Birman qui étudie l’anglais à Mandalay et qui vit près de Pyin Oo Lwin. Il a tout plein de questions à nous poser pour savoir comment fonctionne l’école chez nous, l’entrée dans le monde professionnel… nous en avons tout autant! Ce qui fait que les deux heures de route, assez inconfortables il faut bien le dire, passent finalement assez vite. Arrivés à Pyin Oo Lwin, on nous débarque à l’entrée du centre-ville, au bord de la route. On constatera par la suite que c’est un peu leur mode de fonctionnement ici.

Technique birmane pour refroidir le moteur

Heureusement, nous ne sommes pas trop loin de l’hôtel que nous avons réservé. La petite marche est beaucoup plus facile qu’à Mandalay puisque enfin… on peut respirer! La température est vraiment agréable, c’est un bonheur. Après avoir déposé nos sacs et pris une bonne douche (le trajet nous avait recouverts de poussière), nous partons à la recherche d’un deux-roues pour explorer les alentours dès le lendemain. Les prix sont les mêmes qu’à Mandalay, et comme là-bas les engins ne sont pas les plus fiables mais nous n’avons pas vraiment le choix!
Nous passons cette première soirée à admirer le coucher de soleil sur le lac de la ville.

Le lendemain (malgré le piteux état de notre monture), nous partons pour voir la pagode Maha Ant Thu Kan Thar. Plus que le bâtiment en lui-même c’est son histoire qui est atypique. Il y a quelques années, un camion qui transportait un Bouddha de plusieurs tonnes de marbre s’est renversé. Il fallait remettre la statue en route mais impossible de la bouger pour la charger de nouveau. Tout a été tenté et finalement, il a été décidé de la laisser sur place et d’y construire un temple. Une fois cette décision prise, la statue n’a plus posé problème et on a pu la déplacer jusqu’en haut de la colline. Les croyants disent que le Bouddha a décidé de rester ici, et forcément c’est un lieu de pèlerinage pour eux.

C’est vrai qu’il y a du monde pour venir admirer ce Bouddha un peu capricieux. Après cette visite, nous partons en direction de l’autre curiosité du coin: les chutes Pwe Kauk. C’est le week-end et donc le lieu est bondé de Birmans, souvent venus de Mandalay, qui sont ici pour profiter de la fraicheur. Les chutes en elles-mêmes ne sont pas forcément grandioses mais toute l’agitation vaut le coup d’oeil. Comme souvent en Asie, seuls les hommes et les enfants se baignent. Certaines femmes l’ont tenté mais elles sont complètement habillées.

Sur le chemin du retour, nous faisons un arrêt au supermarché de la ville. C’est toujours intéressant de découvrir ce genre d’endroit, on en apprend un peu plus sur le mode de consommation du pays. Et le moins qu’on puisse dire c’est que les rayons ne proposent pas un choix débordant, mais il y a le nécessaire. Il faut dire qu’en Birmanie on trouve de tout dans les marchés locaux donc pas besoin d’aller au supermarché. D’ailleurs, nous remarquons que ce sont plutôt des gens aisés qui viennent ici.

La ferveur devant ce Bouddha

Avant de rendre notre superbe engin, nous passons par le marché de la ville, des couleurs mais aussi (et surtout) des odeurs! Ca décoiffe! On pensait être habitués depuis presque 3 mois en Asie mais ici, âmes sensibles s’abstenir. Ce sont des hordes de mouches qui sont posées sur la viande et le poisson… bref, ça ne donne pas vraiment envie! Au détour d’une petite allée, on s’arrête pour regarder comment se fabrique le « betel ». C’est un mélange assez bizarre, enveloppé dans une feuille, que les Birmans mâchouillent ou plutôt chiquent à longueur de journée… et forcément, ils crachent aussi à longueur de journée. C’est une habitude à prendre, mais ça surprend toujours quand quelqu’un crachent à quelques centimètres de vos pieds!
Pendant que nous regardions cette petite préparation, un homme s’est approché et il a tenu à faire essayer à Matthieu… La photo parle d’elle-même, ce n'est pas super bon!

Après cette expérience qu’on ne renouvellera pas, nous terminons la journée sur les bords du lac. Et puis, il est temps d’aller rendre notre super engin! En rentrant vers l’hôtel, nous passons devant un petit bar… les regards à l’intérieur ont l’air bienveillants et si on s’arrêtait? Passée la surprise des premières minutes, tous les hommes (oui encore une fois il n’y a aucune femme, à part moi et la patronne derrière la caisse), tous les hommes donc tentent de communiquer avec nous. Certains viennent

du Népal ou d’Inde et parlent donc anglais. Un papi tient à nous expliquer avec ses quelques mots d’anglais qu’Aung San Su Kyi fait de bonnes choses pour son pays, alors que d’autres nous font signe derrière qu’ils ne l’aiment pas! On ne pensait pas qu’il était possible d’afficher ses opinions politiques aussi ouvertement dans ce pays tenu par la junte militaire.
Vers 19h, chacun commence à nous dire qu’il est l’heure de rentrer pour eux. Leurs femmes doivent les attendre. Comme eux, nous quittons ce petit troquet, tout content d’avoir pu discuter avec tout ce monde. Mais on ne traine pas… demain il faut se lever, nous avons un train à prendre!

Ce dimanche 14 mai, ce sont presque 8 heures de voyage qui nous attendent. Un trajet de moins de 200km à travers la montagne pour rejoindre Hsipaw, la dernière ville au Nord où les touristes sont autorisés. Mais ça grimpe et le train ne roule pas vite du tout, ça nous laissera le temps de profiter du paysage.

Nous étions passés plusieurs fois la veille pour réserver notre billet mais le guichet était toujours fermé. Comme on nous l’avait dit, il est ouvert ce matin. Le train part à 7h50, nous avons largement le temps! Sur le quai nous retrouvons Isabella et Johanes, nos Suédois rencontrés dans le bus de l’aéroport de Mandalay. Avec eux Jake et Abbie, deux Anglais qui partent aussi pour Hsipaw.Le trajet sera un peu moins long que prévu mais surtout il va passer assez vite. Il faut dire qu’il y a de l’animation dans les trains birmans. Des vendeurs de tout et n’importe quoi passent sans cesse, les locaux chargent et déchargent toutes sortes de marchandises dans les différentes gares… Et surtout, le clou du spectacle: nous passons sur un pont, le Viaduc de Gokteik, haut de 250m et long de presque 700m. Il fait tout juste la largeur des rails, on croirait que la chute dans le vide est toute proche… c’est assez impressionnant. Pour info, c’est un des plus hauts ponts ferroviaires au monde.

Arrivés à Hsipaw, nous nous retrouvons dans la guesthouse la moins chère de la ville… mais la chambre est minuscule (on ne peut pas tout avoir). On ne traine pas et on part à la découverte de la ville. Ici, tout le monde propose des treks dans les villages alentours. Mais nous ne sommes pas vraiment convaincus par l’authenticité de l’expérience. On passe notre tour pour cette fois, nous ferons une visite par nous-même le lendemain. Nous terminons cette journée à Hsipaw avec Isabella & Johanes, les Suédois, et Jake & Abbie, les Anglais. Nous dînons tous les six au bord de la rivière. Demain, nous ne nous reverrons certainement pas, tous ont prévu de faire une journée de treck dans les alentours avec leur hôtel.

Lundi 15 mai, nous commençons la journée par le petit déjeuner de notre guesthouse et nous partons en vélo vers ce qu’on appelle ici « Little Bagan ». En fait c’est vraiment « tout petit petit Bagan », à peine quelques stupas à voir au milieu de la végétation et la visite est terminée!
Nous passons ensuite dans la campagne autour de la ville où nous visitons quelques monastères et puis nous faisons un petit arrêt jus de fruits frais dans la meilleure adresse de la ville. Après cette pause nous partons pour les Chutes Nam Tuk, il parait qu’on peut s’y baigner! C’est parti… mais le GPS nous conduit d’abord sur une route qui n’existe pas. Demi-tour, et nous partons enfin dans la bonne direction. Pour atteindre ces chutes, le chemin est assez long et puis ça monte quand même pas mal. Petit bonus, il faut traverser une décharge…
Enfin après presque 1h30 de pédalage et de franchissement de rivières, nous arrivons au pied des chutes et le spectacle vaut la peine. Plusieurs dizaines de mètres de hauteurs et au pied une piscine naturelle qui nous rafraichit bien!

Nous ne nous attardons pas trop, il faut rentrer à Hsipaw! A part la terrible montée jusqu’à la décharge, le retour est plus facile que l’aller. Nous arrivons en ville où nous avons le temps de prendre un en-cas et même une petite douche à notre guesthouse. Et puis nous quittons les lieux (que nous avons trouvés sympa mais pas incontournables). Ce soir, nous embarquons dans un bus de nuit en direction de Bagan… pas de couchette comme on a eu au Vietnam ou au Laos. Des bons vieux sièges à l’ancienne: la nuit va être longue!

Ici on se baigne en tee-shirt...

Les petites infos en +

Transports
Mandalay / Pyin Oo Lwin, en « pick up » depuis le croisement de la 32e et de la 85e: 2.000K par personne, 2h.
Pyin Oo Lwin / Hsipaw, 8h de train, 2.750K par personne en « upper class ».
Location de scooter à Pyin Oo Lwin: Andrew Motorbike, 10.000K les 24h.