Enfin, on voit du pays... et quel pays!

Le 22 décembre 2017

Ce lundi 2 octobre, changement d’ambiance, enfin. Après plus de 20h de bus (et une nuit pas trop mauvaise), nous débarquons à Calama. C’est de là que des mini-bus partent jusqu’au village de San Pedro de Atacama, porte d’entrée du fameux désert.
Une fois arrivée, nous nous mettons à la recherche de ces fameux mini-bus… beaucoup de compagnies ne proposent des départs qu’en fin de journée mais à force nous en trouvons qui part dans un peu plus d’une heure. Parfait, ça nous laisse pile le temps de retirer (car il paraît que les distributeurs peuvent vite être à sec dans le désert) et de faire quelques courses (parce que tout est plus cher là-bas, ça on en est sûrs!).

Finalement, vers 16h, nous débarquons à San Pedro de Atacama. On en peut pas dire que l’animation soit folle à la gare routière, c’est vraiment ambiance western avec le sable qui vole dans les rues…

Après s’être installés dans notre petit hostel, nous partons faire un tour dans la ville pour organiser les prochains jours. Ici, on ne peut rien faire seul. A moins d’avoir son propre véhicule (on ne va pas remuer le couteau dans la plaie…), il faut passer par une agence pour voir les merveilles de cette région. Un petit tour des revendeurs plus tard, nous décidons de prendre un tour pour le lendemain avec l’agence proposée par l’hôtel. Ils ont l’air sérieux, nous verrons bien. On ne traine pas ce soir, le réveil va sonner demain matin.

6h30 pile, on sonne à la porte de l’hôtel… on se retrouve dans un mini-van avec une dizaine d’autres touristes (pas mal de Brésiliens) direction le désert d’Atacama. Premier arrêt au bord de la Laguna Chaxas. De loin déjà, le paysage est superbe et on aperçoit des flamands roses. Plus on s’approche, plus ils se dessinent de plus en plus précisément… il n’y a pas à dire, ils sont vraiment gracieux au milieu de ces paysages qu’on dirait sortis d’une autre planète.

Comme tous les autres touristes sur place, nous avons droit au petit déjeuner sur le parking de la Lagune, on ne va pas se plaindre, malgré la températures, le cadre est parfait.
Nous reprenons ensuite la route pendant une bonne heure. Sur le trajet, nous passons tout près du Cerro Miñiques (5.900m), nous sommes nous aussi assez haut à plus de 4.500m et RAS au niveau du mal de l’altitude, on est plutôt contents de nous.
L’arrêt suivant se fait sur le site appelé « Piedras Rojas »… devinez quoi, il y a des pierres et elles sont rouges! Plus sérieusement, cette couleur plus bordeaux que rouge quand même est dûe à l’origine volcanique de ces pierres. Elles ont atterri là il y a plus d’une million d’années après une violente irruption. Et ici, pas de flamands parce que l’eau n’est pas potable: elle est chargé en fer et oxyde de cuivre et il y a même des traces d’arsenic.

Le vent souffle fort, il fait froid, mais on apprécie le spectacle, c’est magique. Nous remontons ensuite dans notre petit bus pour aller voir deux autres lagunes: Miñiques et Miscanti. Même si les paysages sont un peu similaires, on est toujours sous le charme…

La journée se poursuit ensuite par une bonne heure de route encore et nous arrivons à Socaire, un petit village qui vit principalement du tourisme. C’est là que nous prenons un rapide déjeuner, il est déjà 15h.
Sur le chemin du retour à San Pedro, nous faisons un dernier arrêt à Toconao, là encore un village fait pour les touristes avec vendeurs de souvenirs et de glaces… mais quand même une jolie petite église et une place centrale très mignonne avec de jolis cactus.

De retour à San Pedro, nous organisons la journée du lendemain: ce sera les Geysers du Tatio! La soirée est bien courte, il faut filer au lit, on se lève dans quelques heures.
 

Piedras Rojas
Laguna Miñiques

On s’en doutait mais à 3h30 du matin, ça caille ici! Pourtant il faut sortir de notre lit pour aller voir ces fameux geysers. Le bus passe nous prendre un peu avant 4h et nous voilà partis… nous ne sommes que 4 aujourd’hui, c’est quasiment un tour privé, ce qui n’est pas pour nous déplaire.
Certains finissent leur nuit dans le bus, et presque 2h plus tard nous arrivons à l’entrée du parc naturel du Tatio… nous sommes les premiers, c’est génial! Ce qui est moins agréable, c’est la température, on est autour des -10°C, et encore ce n’est rien comparé aux -25°C du reste de l’année. Comme nous sommes partis vite de Santiago, nous avons laissé nos gants dans le van, du coup c’est système D, on fait avec nos chaussettes (propres, je vous rassure). Bref, en descendant du bus, le spectacle est fabuleux. Le soleil qui commence à se lever et toutes ces cheminées de fumées au dessus du sol. En même temps, normal que ça fume, l’eau qui bouillonne là-dessous dépasse les 100°C.

Le spectacle ne dure qu’une petite heure car plus le soleil se lève, plus la température monte et plus l’écart de températures avec l’eau diminue et forcément la vapeur est de moins en moins dense. C’est marrant d’ailleurs de voir le changement de paysage au fil des minutes.
Comme la veille, nous avons droit à un petit déjeuner avec vue sur ce magnifique spectacle, le tout préparé par notre guide-chauffeur qui est hyper intéressant.
Sur le chemin du retour, il continue à nous expliqué tout un tas de choses sur la faune, la flore mais aussi l’origine du nom d’une montagne… le « Cerro Putana » (les Italiens feront la traduction). Le dernier arrêt de la journée se fait dans le village-même d’El Tatio. On dirait que le temps s’est arrêté ici: une seule rue, poussiéreuse, quelques échoppes et une église qui surplombe tout ça.


Le retour à San Pedro de Atacama prend plus d’une heure et nous sommes bien contents de retrouver notre lit, après cette longue matinée, une sieste s’impose.
La journée se termine en douceur dans les rues du village, entre un arrêt chez le boulanger français (imaginez notre état d’excitation après tant de mois) et un passage à la gare pour réserver notre bus du lendemain soir.

 

Jeudi matin, pour notre dernier réveil ici, nous prenons notre temps. Il faut dire qu’on a donné sur les premiers jours. En fin de matinée, nous prenons enfin la direction de la Valle de la Luna et une fois n’est pas coutume… on enfourche des vélos! Ceux qui me connaissent peuvent bien  imaginer ma satisfaction sur ce genre d’engins…
Bref, nous quittons le village et il faut déjà affronter une pente assez raide. Heureusement, ça ne dure pas longtemps. Nous nous dirigeons vers la réserve sous un soleil de plomb et un peu avant midi, nous passons enfin l’entrée. Il était temps d’arriver, les prix augmentent à 12h01… contents de l’apprendre.
Et nous voilà partis dans cette réserve qui était avant une mine de sel. Nous faisons un premier arrêt pour nous balader dans une sorte de petite grotte, pas fou. Le second stop se fait au pied d’une dune et là, ça vaut vraiment le coup. Après une petite marche, on découvre un panorama à couper le souffle. Difficile à décrire, voyez plutôt...

Après une longue séance photo, il faut remonter sur nos vélos. Nos fesses nous supplient de ne pas enfourcher nos montures mais nous sommes bien obligés d’avancer. Nous faisons un dernier arrêt sur un autre point de vue avant de commencer à rentrer. On ne dirait pas mais le temps passe vite et nous devons rendre les vélos dans un peu plus d’une heure. Vu l’état de fatigue, c’est ce qu’il va nous falloir. On avait vu juste, on arrive chez le loueur à 17h tout pile. J’en profite pour donner un conseil aux futurs cyclistes de la Vallée de la Lune: si vous le pouvez louez le vélo pour la journée entière, vous éviterez de vous presser et vous pourrez profiter du coucher de soleil sur la Vallée qui doit être splendide.

Revenons à nos moutons, cette dernière journée sportive à San Pedro de Atacama se termine par une bonne douche à l’hostel et un plat de pâtes. Nos sacs sur le dos, nous filons à la gare routière… le Chili c’est (presque) fini, direction le Pérou… les retrouvailles arrivent à grand pas!

Les petites infos en +:

Journée dans le désert d’Atacama: environs 25US$
Excursions Geysers du Tatio: environ 50US$ avec l’agence Whipala Expedition

En plus du prix des excursions (qu’il vaut mieux payer en liquide sinon c’est plus cher), il faut s’acquitter des droits d’entrée sur la plupart des sites. Voici dans le détails ceux que nous avons faits:
Laguna Chaxas: 3.000P par personne
Piedras Rojas: 2.500P par personne
Geysers du Tatio: 7.000P pour les Chiliens, 10.000P pour les étrangers
Valle de la Luna: 5.000P avant midi, 7.000 dans l’après-midi
Location de vélo: 3.000P la demi-journée

Bus San Pedro de Atacama - Arica (dernière ville avant le Pérou): 28.000P par personne en semi-cama avec la compagnie Turbus