Petite frayeur sur la boucle de Tha Khaek

Le 11 avril 2017

Ce mardi 28 mars, nous quittons les 4.000 îles et après quasiment 12 heures de voyage, nous arrivons enfin à Tha Khaek. Il est déjà plus de 22h, mais il nous faut négocier un tuk-tuk pour aller jusqu’au centre-ville où nous avons réservé un hôtel. Au bout de quelques minutes, nous trouvons enfin un chauffeur mais notre bonheur sera de courte durée puisqu’en arrivant à l’hôtel le prix de la chambre n’est plus celui annoncé la veille. Le réceptionniste ne veut rien négocier… Nous voilà donc repartis dans les rues de la ville à la recherche d’un lit!
Après de longues minutes de marche (et de négociation), nous pouvons enfin nous poser et profiter de quelques heures de sommeil bien méritées!

Le lendemain matin, nous nous réveillons assez tôt, d’abord pour pouvoir avoir le petit déjeuner négocié la veille mais aussi pour aller réserver un scooter et partir pour une nouvelle boucle à travers le Laos.
A notre arrivée chez le loueur, il y a du monde… Nous mettrons plus d’une heure à récupérer un engin et après avoir transféré les bagages, enfin nous pouvons nous élancer sur les route. Ou presque, puisqu’avant de partir nous voulons réserver, ou au moins connaitre les horaires, du bus qui devrait nous ramener au Vietnam vendredi soir ou samedi matin. A la gare routière, personne ne sait vraiment nous répondre: ce qui est sûr c’est qu’il n’y a ps de bus de nuit, les autres partent dans la matinée, mais on n’aura pas plus de précisions. Nous tentons ensuite de nous renseigner à « l’office de tourisme » de la ville… mais personne ne parle anglais et on comprend que les bus ce n’est pas leur business.
Nous partons donc à la mi-journée sans trop savoir comment se passera notre retour au Vietnam.

Nous voilà donc lancés sur les routes… Pour cette première étape, c’est une longue journée de route qui nous attend. Près de 200km pour rejoindre Konglor Cave, et la journée sera pleine de surprises.

Après une courte pause déjeuner, nous avons droit à une nouvelle crevaison. On commence à avoir l’habitude, mais cette fois nous sommes au milieu de nulle part. Il nous faudra faire près de 10km pour trouver un mécanicien qui veuille s’occuper de notre cas. En quelques minutes, une rustine est posée et nous pouvons repartir. Et puis, à 20km de notre point d’arrivée c’est LA grosse tuile de la journée: la chute! Oui oui, la gamelle. On savait que beaucoup de voyageurs se faisaient mal en deux-roues mais quand ça tombe sur soi ça fait tout bizarre. Il faut dire qu’on avait la combinaison gagnante: des freins arrières défaillants, une route poussiéreuse et glissante, un énorme trou que Matthieu a voulu éviter… ça ne pardonne pas. Plus de peur que de mal, mais quand même: tout le côté droit pelé et un bel hématome sur la cuisse pour Matthieu. C’est plus superficiel pour moi, avec quelques égratignures au coude et au poignet et l’épaule gauche amochée.
Autant dire qu’il nous faudra de longues minutes pour nous remettre de cette chute, mais nous n’avons pas vraiment le choix il faut repartir. D’autres voyageurs s’arrêtent pour nous donner de l’eau afin de nettoyer les plaies de Matthieu et heureusement, nous avons du désinfectant pour un premier nettoyage. Bref, remis de nos émotions (ou presque) nous arrivons enfin à Konglor Cave et nous trouvons rapidement une chambre. Le réceptionniste nous indique un petit dispensaire situé à l’autre bout du village

parce que bien sûr j’ai tout ce qu’il faut dans les gros sacs restés chez le loueur à Tha Khaek. Après une bonne douche, nous partons pour le mini-hôpital qui n’inspire pas vraiment confiance. Nous trouvons tout de même des gazes, du désinfectant et des bandes… c’est juste ce qu’il nous faut!Forcément, la soirée sera très calme pour nous surtout que nous sommes quand même un peu remués par les émotions de la journée et que les douleurs de la chute commencent à se faire ressentir.Pour ceux qui se poseraient la question: non le scooter n’a rien, juste un rétroviseur cassé.

Au réveil jeudi matin, nous sommes bizarrement plutôt en forme. Nos muscles sont encore un peu mâchés mais franchement, on s’attendait à pire.
Arès le petit déjeuner, nous partons visiter la fameuse grotte de Konglor. Le prix de la balade en barque est un peu élevé mais la visite vaut vraiment le coup. Près de 3 heures à naviguer dans les entrailles de la terre, sous une montagne, c’est assez impressionnant.
C’est la saison sèche en ce moment, il nous faudra donc descendre de notre embarcation à plusieurs reprises pour la faire glisser sur les cailloux. Autant dire qu’avec nos bobos on n’est pas des plus efficaces.

Après cette jolie matinée, nous avons encore une mission réparation à accomplir… Nous nous arrêtons chez le réparateur de scooter du village pour tenter de trouver un nouveau rétroviseur. Il commence par nous dire qu’il n’a pas ce que l’on cherche mais en fouillant bien, il trouve pile ce qu’il nous faut: 3€ main d’oeuvre comprise, ni vu ni connu!

Malgré les bobos, il faut repartir

Et c’est reparti pour près de 150km jusqu’à Thalang, la prochaine étape. Malgré la chaleur, nous profitons de superbes vues. Au fil des kilomètres, le paysage change mais reste splendide.

Sur les hauteurs de Nahin

Un peu avant d’arriver à la guesthouse, nous profitons des derniers rayons de soleil sur des forêts de bois flotté, c’est assez spectaculaire à voir. Il y a quelques années, un barrage a cédé à quelques kilomètres ce qui a provoqué la disparition de nombreux villages et forêts. Aujourd’hui, on voit ces arbres qui dépassent de l’eau, comme sortis de nulle part.
Nous arrivons donc en fin de journée à la Sabaidee Guesthouse, mais nous n’avions pas prévu que l’endroit serait pris d’assaut. Il n’y a plus un bungalow de libre, pas un lit dans le dortoir… il y a des tentes. Dis-donc, ça faisait longtemps, banco pour la tente.
Après s’être occupé de nos blessures, nous retrouvons tous les voyageurs autour du fameux barbecue proposé par la guesthouse. L’ambiance est au rendez-vous mais pas vraiment la qualité (ni la quantité). Ce n’est pas bien grave, nous passons quand même une super soirée avec Noémie et Tim, elle est Belge, lui Anglais… un parfait mélange!

On peut dire que ce séjour autour de Tha Khaek ne va rien nous épargner. Au petit matin, sur les coups de 5h, je commence à entendre quelques coups de tonnerre. Pendant une bonne demie heure, ce ne sont que des éclairs mais ce qui devait arriver arriva… il a commencé à pleuvoir. Et on ne peut pas dire que les tentes lao soient de très bonne qualité: en quelques minutes, il pleuvait aussi dans la tente! Heureusement, les occupants du bungalow juste à côté de nous nous ont ouvert leur porte! Nous avons pu nous abriter chez eux avant de les laisser terminer leur nuit et de nous réfugier sur la terrasse de la guesthouse. Là, nous retrouvons tous les occupants des tentes et tout le monde est trempé, pas une seule toile n’a tenu le coup!
Noémie et Tim aussi ont quitté leur abri, et nous nous retrouvons donc tous les quatre pour un petit déjeuner qui se fera attendre… puisqu’il n’y a plus d’électricité à cause de l’orage.

Bref, vers 9h, l’orage s’est calmé et nous levons l’encre un peu déçu par notre séjour ici, heureusement les rencontres ont sauvé l’ambiance.Pour cette dernière journée, il nous reste encore une centaine de kilomètres pour rejoindre Tha Khaek. Comme la veille, nous traversons des paysages désolés avec ses arbres à moitié ensevelis. En passant dans les montagnes, nous avons encore droit à quelques goutes, mais rien de méchant.

Le calme après la tempête

En nous reprochant de Tha Khaek, nous faisons un premier arrêt à la Grotte de Buddha. Il s’agit d’un temple construit dans la montagne avec 229 statues de Bouddha à l’intérieur. Malheureusement il est interdit de prendre des photos. On peut juste vous montrer l’entrée de la grotte.

Après la visite, c’est une nouvelle averse qui nous attend et qui va nous bloquer près deux heures. Nous reprenons enfin la route mais les chemins sont détrempés et vues les mésaventures de l’avant-veille, nous n’avons pas trop envie de prendre de risques et nous préférons zapper les autres grottes à visiter dans la région.

 

Vous voyez le petit tunnel? C'est par là qu'il faut passer

De toutes façons on n’a pas trop le temps de trainer, nous voulons passer à la gare pour tenter de trouver un bus qui nous ramènera au Vietnam le lendemain. Comme mercredi, personne n’est capable de nous renseigner exactement à la gare mais nous trouvons un bus avec des inscriptions en vietnamien. Bingo, le chauffeur nous confirme qu’il part le lendemain matin pour Vinh, la ville qui est quasiment face à Tha Kaek et que nous voulons rejoindre. RDV est pris pour le lendemain matin à 11h.
Ensuite, c’est la mission dépôt du scooter. Pour éviter que le loueur ne voit les blessures de guerre de Matthieu, nous récupérons nos sacs

rapidement et les amenons à l’hôtel. Là, Matthieu peut enfiler le seul pantalon qu’il a… ses égratignures ne se voient plus et le loueur ne nous embête pas! Il regarde à peine le scooter et nous rend nos passeports, ouff, une bonne chose de faite!

Samedi 1er avril, c’est le jour du grand départ. Nous faisons un grand rangements de nos sacs avant le long périple qui nous attend dans les prochaines heures. Et puis nous partons à la gare routière où nous retrouvons bel et bien notre chauffeur rencontré la veille. Petit souci, sur son bus est écrit « Ha Tinh », une ville situé à une heure de Vinh où nous voulons aller. Il nous assure malgré tout que nous serons à Vinh ce soir quoiqu’il arrive. Ok… nous verrons bien!
Nous montons donc dans son bus où en plus de la dizaine de passagers, il y a toutes sortes de marchandises! On savait que cette route était un chemin important entre la Thaïlande et le Vietnam mais on ne pensait pas à ce point, il y a même quelques poules dans un carton!
Allez hop, direction le Vietnam!